La symbolique du jeu de cartes et des dés

D'origine orientale, le jeu de cartes à jouer apparaît au XIVeme siècle en Europe où il connaît une extraordinaire diffusion.Prenant ses racines dans le mythe du Tarot égyptien, créé par le dieu Thot, il entretient ainsi un rapport symbolique au monde.

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Dans cet exposé de 28 minutes, Claudine Léturgie-Blanquart nous invite à nous pencher sur les quatre séries de cartes, reliées aux éléments, aux saisons, au grandes civilisations et à l'homme. Autant de figures, de motifs et de couleurs symboliques qui constellent le chemin de l'être en quête d'unité divine. A noter que cette conférence a été organisée par la Revue Atlantis

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Alors, concernant les cartes, l'origine des cartes est très controversée. Il semble que les premiers jeux soient apparus en Orient, notamment en Inde ou en Chine. Certains disent même avec le papier monnaie. En Europe, les cartes à jouer ont été mentionnées pour la première fois au XIVe siècle.

C'est Niccolò della Tucci qui, dans sa chronique de Viterbe, note en 1379 que fut introduit à Viterbe le jeu de cartes qui vint du pays des Sarazins et qui s'appelle chez eux Naïb. Or, les Naïbis et les Catechels furent très populaires en Italie dès le début du XVe siècle. En Inde, il y a un jeu de cartes le plus ancien qui s'appelle le Dasavatara. Il est composé de 124 de 10 couleurs, inspiré justement des 10 avatars ou incarnations de Vichinou.

En Chine, là c'est un jeu qui est de 1000 fois 10 000 cartes. Et qui est en fait composé de 3 séries de 9 lames et de 3 atouts. Autrement dit, c'est peut-être ces jeux qui sont pénétrés les premiers en Occident. Alors par quel chemin, ça c'est totalement incertain, on n'arrive pas à identifier.

Par contre, c'est dès la fin du XIVe siècle que les jeux de cartes sont largement diffusés en Europe. Et notamment le roi Charles VI va en commander en 1392 à son peintre Jacquemin Grignonneur pour une somme de 56 sols par aisi, c'est-à-dire une somme très très élevée. Mais il faut savoir qu'à l'époque c'était peint à la main. Alors c'est vrai qu'il est difficile d'aborder les cartes sans parler du tarot.

Alors je voudrais juste faire une petite approche du mythe du tarot. Le mythe du tarot remonterait au temps des pharaons. Et il semblerait que c'était 22 gravures créées justement par le dieu Thoth, encore et toujours le dieu Thoth. Et Moïse qui, comme vous savez, avait été recueilli par les égyptiens et considéré comme le frère du pharaon, avait été élevé dans l'enseignement justement des prêtres égyptiens.

Et il avait eu connaissance de ces 22 tableaux. Et lorsqu'il est parti, qu'il a fui hors d'Egypte, et bien il a voulu transmettre à son peuple les connaissances de ces 22 tableaux du livre de Thoth. Et il l'a transfuit sous la forme d'un alphabet. Et notamment l'alphabet hébraïque constitué justement de 22 lettres.

Sachant que chaque lettre de la Kabbalah a une valeur numérique et un symbole spécifique. Alors c'est vrai que je ne suis pas particulièrement tarotologue. Et puis, entre nous soit dit, l'étude du tarot demanderait une conférence bien plus longue que celle rentrée dans le cadre d'un jeu. Donc volontairement, je ne vous parlerai pas du tarot aujourd'hui.

Je n'ai fait que quelques petites allusions, mais je ne vous en parlerai pas. Et je vais donc revenir aux traditionnelles cartes que nous connaissons tous. Et qui ont été en fait stabilisées au XVIIe siècle. Et notamment aussi grâce à l'imprimerie.

C'est devenu quelque chose de beaucoup plus courant. Eh bien nous allons voir là maintenant que les cartes à jouer proposent une représentation symbolique du monde. Pourquoi ? Eh bien d'abord il y a quatre couleurs différentes.

Et ces quatre couleurs se rapportent aux quatre éléments traditionnels. Terre, air, eau et feu. Et puis les cartes sont constituées de, c'est des jeux de 52 cartes. Les 32 c'est arrivé bien après.

C'est des jeux de 52 cartes. Constituées de 4 séries, de 13 cartes. D'accord ? Eh bien si vous regardez notre calendrier annuel, il est constitué de 52 semaines.

Qui se regroupent en 4 saisons. Qui elles-mêmes comprennent 13 semaines. 52 cartes, 4 séries de cartes, 13 cartes par séries. D'autre part ces 4 séries de cartes représentent les 4 empires.

Juifs, Grecs, Romains et Francs. Pourquoi ces 4 là ? Eh bien c'est parce que, je vous ai mis les noms sous les cartes. Vous avez pour les piques, le roi c'est David qui était roi d'Israël.

La dame de pique c'est Pallas, la déesse grecque de la sagesse. Le valet c'est Ogier qui était un chevalier danois de la chanson de geste du cycle de Charlemagne. Pour les trèfles, vous avez Charlemagne qui est le roi des Francs. Judith, une princesse juive.

Et puis vous avez Laïr qui était un homme de guerre qui combattait aux côtés de Jeanne d'Arc. Pour les carreaux, vous avez César, empereur romain. Vous avez Rachel, la femme de Jacob. Et Hector qui est un héros grec de la guerre de Troie.

Et enfin pour les cœurs, vous avez Alexandre qui est roi de Macédoine. Argyne, A. Argyne. Ça il semblerait que ce soit un arnagramme de Régina.

Argyne, Régina. Et que cette Régina, donc cette reine, en l'occurrence c'était Marie d'Anjou, la femme de Charles VII qui justement a été reconnue par Jeanne d'Arc. Et enfin le valet c'est Lancelot, le chevalier de la table ronde. Donc vous avez un mélange de trois représentants pour ces quatre empires, quatre et trois.

Nombreux symboliques aussi. Alors si on regarde un petit peu ces cartes, il y a des choses qui se prennent. Je ne vais pas parler des couleurs, parce que de toute façon je vous les ai laissées en noir et blanc. Mais c'est vrai qu'il y a des choses qui se prennent quand on les regarde d'un peu plus près.

Prenez les rois, on commence par les rois. Quand vous regardez les rois, vous voyez que Charlemagne, il a dans la main le glaive de l'empereur. Vous voyez aussi qu'Alexandre et David ont dans la main le sceptre de la royauté. Par contre César, il n'a rien.

Il n'a rien dans les mains. Pourtant il était bien empereur, mais il n'a rien. Et en plus si vous regardez bien, César est le seul qui a la tête de profil. Alors là on va remonter à l'Égypte ancienne, où le symbolisme de la notion de face et de profil était très important.

En Égypte ancienne, le soleil était toujours représenté de face avec ses rayons qui partaient dans tous les sens. Alors que c'est la lune qui est représentée de profil dans son croissant positif, c'est-à-dire le croissant vers la droite, et que la lune représente l'apparence des choses, le rêve, voire le secret, voire même dans son côté négatif, le cauchemar et même les dérèglements mentaux. Alors on peut se demander pourquoi les créateurs des jeux de cartes ont mis César sans sceptre, sans glaive et en plus de profil.

Peut-être qu'ils ont considéré que parmi tous ces rois et empereurs, notre César était peut-être un peu dictateur sur les bords et donc ne méritait pas de se voir mis au même titre que les trois autres. Alors regardons maintenant les dames. Concernant les dames, eh bien, ce qui nous frappe le plus, c'est la dame de Pique. Pourquoi ?

Parce qu'elle aussi, elle a la tête de travers. C'est la seule qui ne regarde pas en face. Pourquoi la dame ne regarde pas en face ? Alors je vous rappelle, la dame de Pique, c'est Pallas.

Or Pallas, c'est l'équivalent d'Athéna, dont l'emblème est la chouette qui est un oiseau nocturne. Mais c'est aussi la dame équivalente à Isis. Or je ne sais pas si vous êtes en Égypte, vous avez dû voir qu'Isis est toujours représentée avec les cornes du taureau et la lune au beau milieu. Donc en fait, Pallas, Athéna, Isis est liée à la lune avec tout le symbolisme qui s'y rattache.

Et c'est pour ça, comme la lune est à côté par rapport au soleil et considérée comme, on va mettre Yin, par rapport au Yang du soleil, nous malheureusement on dit négatif par rapport au positif. C'est pour ça que le Pique a souvent été considéré comme négatif à cause de ce côté lunaire de Pallas.

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