De la caverne de Platon

Le mythe de la caverne de Platon ne se limite pas à l'éducation philosophique de l'homme grecque. En replaçant le mythe dans son contexte symbolique, métaphysique et initiatique, Jean Pataut s'essaye à un interprétation nouvelle.

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Il analyse ainsi les différentes étapes du "prisonnier" à travers ses mutations intérieures qui vont de son déconditionnement, sa purification psychique, au dévoilement des "Réalités Véritables".

Extrait de la vidéo

Le propos de ce soir concerne le mythe de la caverne et cela dans une lecture ésotérique parce que le mythe platonicien de la caverne illustre en quelques pages la totalité du chemin du retour jusque dans chacune de ces phases. Autrement dit, on s'écartera du point de vue universitaire dont on dira quelques mots tout à l'heure. Ce faisant, on tiendra compte des principales étapes prévues par la structure de l'arbre de vie d'une part et par la quête initiatique d'autre part parce que le mythe, l'arbre de vie et la quête initiatique se recoupent. Dans un premier temps, je ferai un survol du texte en le commentant un peu. Dans un deuxième temps, je vous proposerai quelques remarques préliminaires pour cadrer le texte. Et dans un troisième temps, qui sera peut-être le plus long, nous examinerons successivement les étapes du mythe, plus exactement les étapes du cheminement du prisonnier. Alors le texte figure dans le livre 7 de la République. J'ai utilisé la traduction de Mionnick Dixot aux éditions Bordas, édition 1995. Comme le texte est long, je vais faire quelques raccourcis. Et d'autre part, il y a toute une partie dont nous ne parlerons à la fin que de façon incidente. Alors le texte que je vous lirai en raccourci correspond au passage 514a à 516b, tels qui sont en général d'usage depuis le XVIe siècle. C'est Socrate qui est censé parler à son disciple Glaucon. Alors Socrate dit, sous le rapport de l'éducation, de l'éducation et de l'absence d'éducation, qu'on part notre nature à un état du genre de celui que je vais te décrire.

Représente-toi ceci, dit Socrate, des hommes vivant dans une demeure souterraine en forme de caverne. Caverne qui possède une entrée à la lumière. Ces hommes, dit Socrate, il s'agit d'un mythe, donc d'une histoire un petit peu invraisemblable. Ces hommes y séjournent depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu'ils restent là et qu'ils ne peuvent seulement voir que ce qui est en face d'eux. Étant enchaînés, ils sont impuissants à tourner la tête.

Une lumière leur est dispensée, celle d'un feu brûlant derrière eux. Voyez, c'est un peu invraisemblable, mais on est dans un mythe, il faut entrer dans le mythe, autrement ça ne marche pas.

Alors, un feu brûlant est derrière eux, un feu de bois bien entendu, et entre le feu qui est derrière eux, eux regardent le fond de la caverne, le mur sur le fond des cavernes, et derrière eux il y a un feu et entre ce feu et eux se situe, dit le texte, des porteurs, des montreurs de marionnettes. Alors, en fait, Socrate précise que ce sont des objets fabriqués qui représentent des silhouettes de chevaux ou d'hommes ou d'objets divers. Ce sont donc des objets artificiels.

Glaucon dit l'étrange image et les étranges prisonniers que tu nous présentes là. Et Socrate lui répond, ils nous sont semblables, ils nous sont semblables. C'est à dire qu'on est là déjà dans le mythe, ces hommes enchaînés, c'est nous. Cela étant, s'ils étaient capables de dialoguer entre eux, dit Socrate, ne crois-tu pas qu'en donnant un nom à ce qu'ils voient, parce qu'ils voient les objets fabriqués qui passent devant le feu, ils ne voient que les ombres, ils ne voient que les ombres des silhouettes. Ne crois-tu pas qu'en donnant un nom à ce qu'ils voient, ils penseraient nommer les réalités elles-mêmes. Voilà, on est dans le mythe.

Ils penseraient nommer les réalités elles-mêmes. C'est à dire que pour ces hommes, c'est à dire pour nous-mêmes, la réalité est une ombre et qui est l'ombre d'un objet fabriqué qui est lui-même artificiel. Autrement dit, Platon ose dire dans le mythe que notre connaissance est une connaissance doublement erronée puisqu'il s'agit du nombre et du nombre d'un objet virtuel, enfin artificiel.

Je continue, on reviendra sur ce sujet puisque c'est le coeur du mythe. Et de plus, s'il y avait dans la prison un écho renvoyé par la paroi qui leur fait face, toutes les fois qu'un porteur se mettrait à parler, à quoi, je te le demande glaucon, pourrait-il rapporter cette voix si ce n'est à l'ombre en train de défiler ? On pense à la séance de cinéma et on en parlera tout à l'heure. Il est donc certain que des hommes dans cette situation ne tiendraient absolument rien d'autre pour vrai que les ombres des objets fabriqués puisque pour eux ces objets parlent.

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