L’Iliade, un hymne au débordement des affects
Nous démarrons à présent un cycle de neuf entretiens au cours desquels Eric Berrut, psychanalyste, astrologue et mythologue va tisser des liens pour le moins inattendus, entre les grandes figures de la mythologie grecque, les archétypes jungiens et l’astrologie. Dans une approche pédagogique et ouverte il nous donne à comprendre et à apprécier ce que ces histoires fort anciennes ont encore à nous dire, aujourd’hui, et surtout « ce qu’elles disent de nous ».
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Ce premier volet est consacré à l'Iliade, célèbre récit d’Homère qui relate les trente derniers jours de la légendaire guerre de Troie. Une guerre qui aura duré dix années, tout comme l’Odyssée d’ailleurs, alors en gestation et devenir, certes « dans la profondeur nourricière des océans », et qui sera abordée au cours de notre second entretien.


La pomme de la discorde, le charme envoyé par Aphrodite, le choix de Pâris et l’envoûtement d’Hélène.
Achille mû par la vengeance : Mars et Pluton à l’œuvre ? A son exact opposé, Hector guidé par la tempérance et la retenue : Saturne en exergue ?
A plusieurs reprises, Eric Berrut soulignera l’impasse et l’antinomie que constitue la confrontation de l’aveuglement individuel (Achille) avec l’intérêt du collectif (Hector).
D’ailleurs cette notoire « colère d’Achille », auréolée de ses hauts faits militaires prendra un sacré coup dans l’aile, de sa propre bouche, lorsqu’Ulysse ira lui rendre visite dans le royaume de l’Hadès…
Cela est relaté dans le second entretien sur l’Odyssée, et illustre à merveille l’angle mort délibérée des productions « artistiques » contemporaines mainstream : cinéma, bande dessinée etc.


L’originalité de cet échange : relire et réactualiser cette ancienne épopée à l’aulne de la psychanalyse et de l’astrologie.
Trahison, humiliation, vengeance, Eric Berrut, nous livre ici une lecture revivifiée et transgénérationnelle de cette grande épopée.
Une œuvre qui n’a cessé d’inspirer tous nos penseurs depuis plus de deux mille ans. Autant dire qu’elle est incontournable, fondatrice de notre inconscient collectif…
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* Noms des entretiens :
L’Iliade, un hymne au débordement des affects
L'Odyssée, un voyage intérieur
Ombre et lumière de Saturne, à la fois prédateur et structurant (Saturne 1/2)
Cronos-Saturne et la révélation de la paternité (Saturne 2/2)
L’archétype de la Mère en regard de Neptune et Pluton
Neptune, la nostalgie des origines et du ventre de Cronos
Pluton, guide d'introspection et de métamorphose
La Lune Noire et le choix de la Lune Noire vraie
La Lune Noire : identifier la dynamique profonde du désir
Extrait de la vidéo
On se retrouve aujourd'hui en compagnie d'Éric Bérut, auteur que vous connaissez sûrement de psychanalyse, mythologie, astrologie. On se retrouve aujourd'hui pour parler d'un de ses ouvrages intitulé L'Iliade et l'Odyssée. Éric Bérut, bonjour. Bonjour Charlie.
Je suis ravi d'être ici aujourd'hui avec toi pour parler de tout ça. Je sais à travers tes travaux que L'Iliade et l'Odyssée sont des thèmes que tu as abordés à travers des séminaires, des travaux audio et tu ne nous avais pas donné d'ouvrage qui rassemblait un petit peu tout ça. Est-ce que tu pourrais nous parler un petit peu de la genèse du projet ? Effectivement, comme tu viens de le dire, je me suis souvent référé à L'Iliade et l'Odyssée qui sont deux œuvres qui représentent une source inépuisable d'inspiration.
Je me suis référé à différents épisodes dans le cadre de mes formations, dans le cadre de mes audios, dans le cadre de mes livres. Mais effectivement, je n'avais jamais tenté une lecture un peu d'ensemble de L'Iliade et l'Odyssée et à un moment donné, j'avais envie justement de tenter cette lecture d'ensemble et pour montrer à la fois la continuité entre les deux épopées, c'est pour ça que mon livre s'intitule « De L'Iliade à l'Odyssée » avec un sous-titre « La mutation du héros », on y reviendra.
Donc, de tenter de montrer à la fois la continuité des deux épopées et à la fois leur différence, leur singularité. À ce titre, c'est un livre qui se présente en deux grandes parties, la première consacrée à L'Iliade qui traite plus précisément de la notion de Cléos, la deuxième consacrée à l'Odyssée qu'on abordera dans une autre vidéo. Alors pour commencer, il faudrait peut-être que l'on situe le cadre, que l'on définisse certaines notions.
Moi, il me semble que c'est un ouvrage qui traite d'une manière générale de questionnement autour du Soleil dans la première partie et dans la seconde partie, on est plus quelque chose de l'ordre de la Lune, on le traitera plus tard. Pour situer l'action, on se retrouve donc dans la guerre de Troie, une vingtaine de journées à la fin de la guerre de Troie, beaucoup de thématiques, alors peut-être que tu pourrais nous poser le cadre, nous parler des conflits autour des déesses, ce genre de choses ?
Alors effectivement, la guerre de Troie a duré dix ans, le récit d'Homère dans L'Iliade en fait est dédié aux trente dernières journées de la guerre de Troie, elle commence l'épopée avec la grande colère d'Achille, nous en reparlerons, et elle s'achève avec les funérailles d'Hector, le chef de la maison de Troie. On peut effectivement, comme tu le suggérais, remonter aux sources de la guerre de Troie.
S'il fallait les situer, on est au moment où sont célébrées les noces de Thétis, la déesse, et du roi Pélé, les parents d'Achille, alors c'est vraiment intéressant de noter tout de suite que les raisons qui vont déclencher la guerre de Troie sont associées à Achille avant même qu'il vienne au monde, puisque l'histoire va se tisser le jour même des noces de ses parents. La plupart, sinon la totalité, des téléspectateurs de Baglis connaissent l'histoire, c'est le fameux jugement de Paris, pour la célébration des noces, toutes les divinités sont conviées, sauf une, sauf la déesse Érys, la déesse de la discorde, de la colère, et la déesse qui n'a pas été conviée s'invite, alors que la fête bat son plein, et vous savez, en arrivant avec sa pomme d'or qu'elle jette au milieu de l'assemblée, et cette fameuse pomme d'or est associée à une devise, sur la pomme d'or est inscrite « à la plus belle », les déesses présentes s'inclinent pour laisser la place aux trois grandes déesses olympiennes, c'est-à-dire Héra, Athéna et Aphrodite.
Chacune des déesses revendique cette pomme d'or, Zeus ne veut pas jouer le rôle d'arbitre, et il demande à un jeune prince troyen, Paris, qui est à l'époque gardien de troupeau, de jouer ce rôle d'arbitre pour choisir entre les trois déesses. Alors les trois déesses se rendent auprès de Paris, Paris est bien ennuyé, parce qu'il comprend bien qu'il va s'attirer les faveurs de l'une d'entre elles, mais en même temps l'inimitié des deux autres.
Mais enfin, il doit se soumettre au commandement de Zeus, et il va donc faire son choix. Alors Héra va promettre à Paris, si elle est choisie, de pouvoir exercer son autorité, pour dire les choses très brièvement. Athéna, déesse de la guerre, va lui promettre la victoire à la guerre, et Aphrodite, de son côté, va lui promettre l'amour de la plus belle des mortelles, c'est Hélène, la reine de Sparte, et l'épouse de Ménélas.
– Il se passe donc le choix de Paris de remettre cette pomme d'or à Aphrodite. – Voilà, donc Paris va choisir la belle Hélène, va choisir Aphrodite, qui lui a promis l'amour de la belle Hélène. Évidemment, Paris se fait deux ennemis jurés, Héra et Athéna. Pourquoi ça va déclencher la guerre de Troie ?
Donc Hélène est l'épouse de Sparte, elle est la reine de Sparte, l'épouse de Ménélas, et quelques temps plus tard, Paris vient en visite à la cour de Sparte. Il est accueilli avec les honneurs par Ménélas, avec les honneurs dus à son rang, et puis Ménélas s'absente pour repartir en voyage. Pendant ce temps, Hélène elle-même est prise de Paris, elle en a été prise parce qu'on pourrait dire qu'elle a subi, je ne sais pas si le mot est juste, les sortilèges d'Aphrodite, et en fait, Hélène va suivre Paris, va quitter Sparte, va suivre Paris, laisser ses amis, laisser son rôle de reine pour suivre Paris à Troie.