La thérapie existentielle de Viktor Frankl en regard de l’astrologie

Dans un monde en perpétuelle mutation, qu’est-ce qui résiste véritablement à l’épreuve du temps, à l’impermanence ? Cette question hante depuis des siècles artistes, philosophes et alchimistes. Mais depuis l’avènement de la psychanalyse et plus généralement des sciences humaines, différents médecins, neurologues ou psychiatres ont tenté à leur façon de répondre aussi à cette question existentielle. En sondant les méandres de la psyché de leurs patients et déceler ses rouages subtils, soubassements inconscients, qui conduisent certains à dire « Oui ! » à la vie. Et pour d’autres : « non ». 

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La première école de psychothérapie fut celle de Freud (1856-1939) pour laquelle « la recherche de plaisir » était centrale. La deuxième école, celle d’Adler (1870-1937) érigea « la recherche de puissance » comme clef de voute.

Entre Eros et Thanathos : le Logos. Sens, discours. 

Pour Viktor Frankl (1905-1992), et « troisième école » :  il y a dans l’être humain, une volonté de sens qui lui est viscéralement attachée. Et cette volonté de sens, contrairement au corps physique qui, un jour, sera inéluctablement confronté à la maladie ou au vieillissement, sait résister à l’épreuve du temps. Elle est non seulement imputrescible mais constitue surtout un rempart contre toute dépréciation et entropie.
Jessica Maurin, psychopraticienne et astrologue humaniste a confronté la pensée de Frankl  – ses valeurs notamment - à l’astrologie. 
Mêlant à la fois la dimension philosophique de l’œuvre de Frankl (la question de l’absurde, du nihilisme), à son volet psychothérapeutique : elle met en regard cet art plurimillénaire qu’est l’astrologie avec les valeurs / sources de sens théorisées par Frankl : Eros, Pathos et Ethos.

Selon les dominantes d’un thème de naissance, ses spécificités, angularités et transits : quel écho avec la logothérapie de Frankl ?

Une série passionnante de quatre films (ce premier exposé « solo » est une présentation générale, et sera suivi de trois entretiens) où l’homme est invité à prendre conscience, progressivement, des multiples facteurs qui conditionnent son existence. Facteurs qui ne sont pas tous entre ses mains !

Si en 1951, Albert Camus faisait paraître, sur ces questions, justement : « l’Homme Révolté », Jessica Maurin nous dispense ici une voie d’apaisement et d’information. Pour un « Homme Informé » au moins !

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Liste des films : 
La thérapie existentielle de Viktor Frankl en regard de l’astrologie (intro 0/3)
Donner du sens à la vie, avec Mercure et Vénus (valeur Eros 1/3) 
Mars et Jupiter : mettre ma combativité au service du sens (valeur Pathos 2/3)
Saturne et Chiron : trouver du sens en dépit du tragique (valeur Ethos 3/3)

Extrait de la vidéo

Bonjour, je vais commencer par me présenter. Je m'appelle Jessica Amourin, je suis psychopraticienne depuis une quinzaine d'années maintenant. J'ai pratiqué différentes formes de psychothérapie. J'ai une approche qui est quand même plus jungienne qu'autre chose et frankelienne, dont on va parler justement juste après.

Ces dernières années, j'ai ajouté la pratique de l'astrologie humaniste et ça a été vraiment particulièrement aidant et même très révélateur de beaucoup de choses en thérapie, aussi bien pour les patients consultants que pour moi en tant que thérapeute. J'ai ensuite eu envie de créer une école de thérapie par l'astrologie ou d'astrothérapie qui s'appelle Existentiel en trois mots. Aujourd'hui, je voudrais vous parler de Viktor Frankl, du sens de la vie et de la thérapie centrée sur le sens.

Pourquoi ? Parce que j'ai souhaité faire des liens dans la pratique thérapeutique, des liens entre thérapie existentielle d'un côté, thérapie centrée sur le centre d'un côté et le thème natal astrologique d'une personne. Je voudrais partager aujourd'hui dans cet exposé-là, qu'on peut tout à fait retrouver dans le thème natal d'une personne, les valeurs qui vont l'aider à donner du sens à sa vie, mais pas que.

On va centrer aujourd'hui sur les valeurs, mais aussi on peut proposer une sorte de voie, de chemin vers un accomplissement. Vers un accomplissement qui pourrait se rapprocher de ce que Jung appelle le processus d'individuation grâce à, on va dire, tous les différents canevas qu'on peut cumuler avec l'astrologie humaniste. Mais avant toute chose, j'aimerais bien vous parler de l'homme, de l'homme en lui-même, Viktor Frankl.

Le célèbre, j'allais dire le célèbre Viktor Frankl, même si malheureusement en France, il n'est pas assez célèbre selon moi et on parle finalement assez peu de lui, il est peu enseigné. C'est un psychiatre et neurologue autrichien, rescapé de l'Holocauste. Donc pour parler du sens de la vie, il est sacrément bien placé. Pour parler du fait de pouvoir contacter en soi des ressources insoupçonnées, alors même qu'on est dans des situations plus que limite, des situations tragiques, des situations dans lesquelles on n'a pas le choix du tout.

Il a développé ce qu'on appelle la logothérapie, mais à la base son approche c'est l'analyse existentielle. La logothérapie c'est le terme qu'il a emprunté d'ailleurs, qui ne vient pas tout à fait de lui à la base, qui vient d'un confrère qui s'appelait Oswald Schwarz. La logothérapie, pourquoi est-ce qu'il a appelé ça comme ça ? C'est dans le sens...

Logos peut dire plein de choses en grec, et là c'est dans le sens du sens justement, thérapie centrée sur le sens. Et c'était pour se différencier des deux autres écoles, grandes écoles de psychothérapie viennoises. La première étant celle de Freud, la deuxième celle d'Adler, et donc la troisième celle de Viktor Frankl avec la logothérapie. D'ailleurs, étant donné qu'on crée la thérapie qu'on est, je ferai un petit point tout à l'heure pour parler assez rapidement de ces trois psys, et un petit peu aussi de leur thème astrologique, étant donné qu'il y a quelque chose de particulièrement fort, dominant, qu'on retrouve dans la première école de psychothérapie chez Freud.

Pour Freud, la motivation première de l'être humain, c'est le principe de plaisir. C'est ce qui le conduit. Pour lui, l'homme est pulsionnel. L'homme est guidé, ému par des pulsions inconscientes.

Pour lui, tant qu'on n'a pas nettoyé tout ce qu'il appelle le ça, tant qu'on n'a pas nettoyé la vie pulsionnelle, ça ne va pas. Il faut rendre l'inconscient conscient. Donc pour lui, la motivation, pour Freud, c'était le principe de plaisir. Pour Adler, c'est différent.

C'est le principe de puissance ou la volonté de puissance. Pour Adler, en quelques mots, quand on arrive et qu'on est tout petit, et qu'on arrive au monde, on ne se sent pas à la hauteur, on ne se sent pas apte à, on ne se sent pas suffisamment puissant pour faire des choses, dans la capacité de pouvoir faire suffisamment de choses. Et donc, on est dans un complexe d'infériorité qu'on aura envie de compenser avec un complexe de supériorité.

Et pour Frankel, il reconnaît qu'il y a, c'est vrai, une volonté de plaisir chez l'être humain et une volonté de puissance aussi. Mais pour lui, ce sont quand même des modalités de la volonté première de l'être humain qui est celle du sens. Sans sens, une vie sans sens, une vie dans l'absurdité, et justement une vie dépressive, une vie vide de sens, dans un vide existentiel, mot qu'il va souvent utiliser pour parler de la dépression de ses patients.

C'est important d'avoir en tête que pour lui, quand il parle de sens, il parle d'un sens qui est propre à chacun. Il dit mot pour mot, il faut découvrir avec chaque individu et en chaque individu, le sens qui lui convient personnellement. Donc, avec le thème astrologique, on peut peut-être déjà comprendre à quel point l'étude de la spécificité du thème natal d'une personne, ça pourra aider à explorer cette question du sens.

Cette question du sens qui va être propre à cet individu-là. Franck Hull a été prisonnier des camps nazis pendant la guerre. Et tout le monde pense, tout le monde, je dis ça comme si tout le monde connaissait Franck Hull, mais les rares personnes qui parlent de Franck Hull s'imaginent que ah bah oui, bien sûr, c'est ce psychiatre qui a été rescapé de l'Holocauste et du coup, il a développé toute une théorie autour du sens de la vie.

Alors non, en fait, il a affiné, il a affiné sa théorie à 15 ans, je ne dis pas de bêtises, c'est à 15 ans, oui, c'est à 15 ans. À 15 ans, en 1920, il découvre Freud, il lui envoie des articles, il lui envoie des lettres, il lui envoie des articles, d'ailleurs, il y en a un qui sera publié dans la revue psychanalytique. Et il fait sa première conférence à 15 ans, il fait sa première conférence publique intitulée « Le sens de la vie ».

Donc, on ne peut pas dire que c'est son expérience dans les camps qui a fait que, d'un seul coup, il a eu envie de parler du sens de la vie, bien au contraire, c'est parce qu'il avait en tête, à tout prix, écrire son livre, retrouver ses proches, mais aussi écrire son livre qu'il a « tenu bon », que ça lui a permis d'avoir un sens suffisant pour tenir bon dans cette atrocité qu'il a pu traverser. Ensuite, à 20 ans, il a fait, bien sûr, des études de médecine, il est devenu professeur de neurologie et de psychiatrie.

Il s'est rapproché de Freud, et puis, comme beaucoup, Freud a eu beaucoup de dissidents, dont Frankel, il s'est écarté de Freud, trop de réductionnisme, d'éterminisme à son goût. Il s'est rapproché ensuite d'Adler. Et pour Adler, il a vu pas mal de similitudes, quand même, avec son approche à lui, mais aussi, en même temps, beaucoup de choses qui les séparaient tous les deux.

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