Démontage des sept sceaux du Yi King

Le Yi King, livre fondateur de la pensée traditionnelle chinoise, est un document étrange : c’est une sorte de "dictionnaire en désordre". Prétendument conçu pour le tirage divinatoire, il devrait être dans un ordre logique pour permettre l’accès immédiat aux "hexagrammes" dont il est composé. Mais il n’en est rien : depuis au moins vingt-quatre siècles, le même "désordre" s’est maintenu, aussi constant qu’inexplicable. Se pourrait-il que les chinois, peuple pragmatique, se soient ainsi compliqué la tâche sans raison ?

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Le Yi King, livre fondateur de la pensée traditionnelle chinoise, est un document étrange : c’est une sorte de "dictionnaire en désordre". Prétendument conçu pour le tirage divinatoire, il devrait être dans un ordre logique pour permettre l’accès immédiat aux "hexagrammes" dont il est composé. Mais il n’en est rien : depuis au moins vingt-quatre siècles, le même "désordre" s’est maintenu, aussi constant qu’inexplicable. Se pourrait-il que les chinois, peuple pragmatique, se soient ainsi compliqué la tâche sans raison ?
Dans ce "démontage", Jean-Louis Brun montre que cet ordre ne doit rien au hasard. Au contraire, il est manifestement structuré par les mêmes diagrammes cosmologiques qui ont donné le schéma présent dans des mythes et des légendes du monde entier. 

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Ce constat rejoint les conclusions d’anciennes équipes de recherche soviétiques qui travaillaient sur d’autres classiques chinois, ainsi que les préconisations de nombreux sinologues : l’interprétation complète de tels documents ne peut se passer d’une véritable recombinaison … encore fallait-il avoir la clé qui permet cette recombinaison !

Souhaitez-vous tenter de lever le voile sur ce mystèrieux "livre" qui a traversé les âges ?

Extrait de la vidéo

Donc nous venons de voir comment voir le I Ching, comment lire le I Ching selon la méthode que je propose, quels principes gouvernent la lecture que j'en propose, à présent nous allons commencer à démonter le I Ching, c'est-à-dire à briser successivement sept sceaux qui gouvernent l'ordre des hexagrammes du I Ching. Alors, il y a eu des tentatives précédentes que je vais citer brièvement au sujet de l'ordre des hexagrammes, en fait il y en aurait eu un nombre très très important depuis l'époque des Han, c'est-à-dire depuis les tout premiers siècles après Jésus-Christ, je citerai entre autres un moine bouddhiste d'origine allemande qui s'appelait Lama Anagarika Govinda, qui avait trouvé une corrélation à partir de formes géométriques entre un ordre des trigrammes, qui est l'ordre antérieur au monde, et l'ordre des hexagrammes.

Alors, pour ceux qui connaissent cet ouvrage, vous verrez dans ma méthode que je ne fais que confirmer effectivement qu'il y avait un lien, mais cet auteur n'avait pas vu tout à fait, il a vu une intuition me semble-t-il de ceux qui gouvernaient l'ordre des hexagrammes, mais il lui manquait la moitié du mécanisme, toutefois les corrélations qu'il a vues effectivement elles ont bien une cause. Un certain Steve Moore aux USA a fait un livre très prisé qui s'appelle les trigrammes des Han, structure interne du I Ching, je ne m'explique pas trop sa démarche puisqu'il attend l'annexe de son livre de 200 pages consacré à la structure du I Ching pourtant, pour évoquer l'ordre des hexagrammes, il me semble que l'ordre des hexagrammes c'est quand même la structure interne du I Ching, or c'est ce qui n'a pas encore été expliqué, et cet auteur n'est pas content de cet ordre des hexagrammes parce qu'il trouve qu'il devrait plutôt être symétrique alors qu'il est totalement asymétrique, alors je ne m'explique pas ça déjà parce que ce qui est symétrique n'a aucun sens, c'est l'asymétrie qui fournit le sens en général, et cet auteur donc puisqu'il ne peut pas l'expliquer on propose un autre, alors personnellement cet ouvrage me sort par les yeux parce que je trouve que c'est le comble de l'orgueil quand on ne peut pas expliquer quelque chose de dire je vais le corriger, mais il est vrai que cet auteur n'a pas été le seul à tomber dans ce travers.

Un certain François Roparse a essayé d'expliquer l'ordre des hexagrammes à partir de calculs matriciels, alors il y a toute une école d'auteurs ou de tentatives que vous trouverez facilement sur internet qui souhaitent à l'aide de calculs matriciels, de carré magique, de choses comme ça, expliquer l'ordre des hexagrammes, moi je ne sais pas si c'est possible parce que j'ai trouvé une méthode mais ça ne veut pas dire qu'il n'y en ait pas d'autres, en tout cas François Roparse contrairement à ce qu'il annonce en quatrième de couverture sur son livre, il y annonce qu'il a élucidé l'ordre des hexagrammes, ce n'est pas du tout le cas, il le dit à la fin du livre, qu'en fait il a réussi à montrer qu'il y avait certainement une logique interne, qu'il y avait des choses qui pouvaient difficilement être dues au hasard, mais il n'a pas élucidé l'ordre des hexagrammes, c'est lui-même qui le dit, je ne suis pas sûr que le calcul matriciel le permette personnellement.

Vous avez ainsi tout un nombre d'auteurs, je vais citer Richard Cook, alors Richard Cook est un auteur qui connaît très très bien la pensée chinoise, très très très compétent, c'est un américain de l'institut des sciences informatiques de l'université de Californie à Berkeley et qui a produit un livre qui s'appelle Classical Chinese Combinatrix, donc combinatoire de chinois classique, alors ça fait 700 pages à peu près et il montre qu'il a trouvé quelque chose qui semble être la suite de Fibonacci dans l'ordre des hexagrammes et alors j'ai regardé, c'est le début de la suite de Fibonacci et un lien manifeste entre cette suite et sa convergence vers le nombre d'or, donc pour les amateurs du nombre d'or, c'est un outil mathématique bien connu et très simple et Cook, dans sa démonstration, dit que la convergence de la suite de Fibonacci vers le nombre d'or permet d'expliquer pourquoi le hedging est dans cet ordre et il propose donc un algorithme de construction du hedging, algorithme assez lourd, algorithme informatique, je n'ai pas la compétence pour aller faire des commentaires critiques sur cet algorithme, en revanche je ferai un commentaire, cet auteur a donc montré d'une certaine façon que le hedging était lié à cette convergence de la suite de Fibonacci vers le nombre d'or, il dit que donc cette convergence, cette propriété mathématique pour faire simple, devait être connue des chinois à l'époque, à l'époque c'est-à-dire il y a au moins 24 siècles, ceci vient en contradiction avec les connaissances que l'on a sur les mathématiques chinoises à l'époque, à l'époque les chinois ne sont pas censés connaître cette propriété mathématique, donc Cook présente sa découverte comme un scoop, il dit donc c'est bien la preuve que les chinois connaissaient bien ça à l'époque, alors je ne suis pas d'accord avec cette théorie, d'une part parce qu'il suffirait de prouver qu'il existe une autre manière de construire le hedging qui ne fait pas appel à cette propriété mathématique pour prouver qu'on n'avait pas besoin de connaître ça à l'époque, or ma démonstration ne fait pas appel au nombre d'or ni à la suite de Fibonacci, en fait elle ne fait appel à aucune connaissance mathématique.

J'ai une autre raison de contester cette conclusion, c'est sur la méthodologie, supposons qu'un archéologue découvre une roue, une belle roue, parfaite ou presque parfaite dans un site archéologique, et bien il ne peut pas en conclure que la civilisation qui se trouvait sur ce site connaissait le nombre pi, et pourtant le nombre pi est une proportion qui est bien présente dans la roue, sauf qu'on n'a pas besoin de pi pour faire une roue.

C'est un petit peu pareil, la remarque que je me permets pompeusement de faire au sujet de ce travail universitaire, c'est que ce n'est pas parce que l'ordre du Yijing présente apparemment des liens avec le nombre d'or, qui d'après moi ne sont pas nécessaires pour sa construction, ce n'est pas pour cela que les anciens qui l'ont construit connaissaient le nombre d'or qui est la proportion contenue dans la suite de Fibonacci.

Alors il y a de nombreuses tentatives, ce que je souhaitais simplement c'est présenter vraiment l'ordre du Yijing comme un objet d'étude depuis très longtemps, et ces tentatives vous pouvez, il suffit d'aller sur internet pour en trouver bien d'autres, faites par énormément d'amateurs qui ont des blogs ou des sites qui présentent des tentatives. Dans l'ensemble, l'analyse que j'en fais, c'est que beaucoup d'études ont montré que cet ordre du Yijing n'était pas un ordre au hasard, qu'il contenait des bouts de séries signifiantes comme dit un auteur, qu'il était logique quelque part mais qu'on ne pouvait pas l'expliquer dans son ensemble.

Et ce que je vous apporte aujourd'hui et ce que j'ai publié, c'est une explication globale et prédictive de l'ordre du Yijing. Allons-y, ce que nous allons faire maintenant c'est démonter le Yijing. Je vous présente d'abord un ordre des trigrammes qui s'appelle l'ordre antérieur au monde qui est ici. Cet ordre antérieur au monde, c'est une disposition des huit trigrammes selon les quatre orients, nord, est, sud, ouest.

Souvenez-vous que le sud est en haut dans la représentation chinoise, c'est un petit peu troublant au départ. Une représentation dans laquelle l'extrême yin est du côté du nord, donc du côté de l'hiver, du côté de la nuit, du côté du froid. Vous le voyez, c'est le trigramme de la Terre, trois traits brisés. Et à l'opposé, l'extrême yang est côté sud, donc le yang c'est la chaleur, donc c'est côté sud, c'est l'été, c'est la saison d'été, c'est le midi dans le cycle de la journée, c'est le maximum de chaleur et de lumière.

Et entre les deux, comme vous le voyez sur cette illustration, eh bien vous avez tout d'abord du nord au sud en passant par l'est, donc pour vous en passant par la gauche, du yang croissant, c'est-à-dire de plus en plus de traits continus dans le trigramme,

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