Hercule et le Taureau de Crète : sur la légitimité d’une possession et le ravissement de la beauté 7/12
Ce septième travail représente une rupture, sur plusieurs niveaux. Géographique : nous quittons à présent le Péloponnèse. Mathématique : nous basculons dans la seconde moitié des douze travaux. Symbolique : si les six premiers travaux ont sondé les relations (Moi) entre l’âme et la personnalité (1-6), Hercule va à présent s’ouvrir au Soi et se confronter aux forces du monde du mystère : Taureau (7), Juments (8), Amazones (9) et Vaches (10). Comme le rappelle ici Luc Bigé : « l’élargissement au Soi appelle à lui les forces magiques ».
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En, effet, si le Taureau symbolise en potentialité « les forces, parfois sous-jacentes, de la Nature », ne perdons jamais de vue que son signe astrologique en miroir, n’est autre que le Scorpion, celui de l’invisible et de la « transformation »…

« Ce potentiel de création ne t’appartient pas, tu ne peux que le chevaucher »
Ce mythe nous relate comment Minos a tenté de tromper Poséidon en conservant son magnifique taureau blanc. L’animal, devenu sauvage et hors de contrôle, sera capturé par Hercule, à la demande d’Eurysthée et remit à lui, sain et sauf.
Le potentiel se nomme « monde » et « vertes prairies », son antithèse : « harnais » et « écuries ».
Luc Bigé nous invite à « sortir de soi », de notre enclos, de notre petit pouvoir. Abraser les murs des labyrinthes (Dédale) que nous nous échafaudons ou qui se présentent à nous.
Chevaucher le taureau, nous dit Luc Bigé : « c’est être dans une conscience affleurante en rapport avec les forces gigantesques du monde du sens qui passe à travers vous, c’est être capable de les orienter par la juste géométrie de notre conscience, sans jamais chercher à se les approprier (cf. Minos et Icare), sans chercher à en jouir personnellement, et sans jamais être fasciné par leur beauté... »
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* Liste des quinze exposés : trois introductions suivies des douze Travaux
Hercule et les douze pétales du cœur - intro 1
Hercule et la puissance de la Lune - intro 2
Hercule, la vérité qui guérit – intro 3
Le lion de Némée, se regarder en face, sans tricher - 1/12
L’Hydre de Lerne, sortir de l’émotionnel pour entrer dans la Lumière - 2/12
La capture du sanglier d’Erymanthe 3/12
La biche de Cérynie, quand Apollon et Artémis fraternisent- 4/12
Les oiseaux du lac Stymphale : quand l’archétype traverse le piaillement des représentations 5/12
Nettoyer les écuries d’Augias, un mythe contemporain 6/12
Hercule et le Taureau de Crète : sur la légitimité d’une possession et le ravissement de la beauté - 7 /12
Les Juments de Diomède, ou l’art de canaliser les puissances de la Vie - 8/12
La ceinture de la reine des Amazones, s’ouvrir à l’inconnaissable - 9/12
Les vaches de Géryon : Se laisser féconder par le monde des mystères : les vaches pourpres de Géryon - 10 /12
Cueillir les Pommes d’Or du Jardin des Hespérides : entrer en contact avec les étoiles - 11/12
La capture du Cerbère, naissance du Nouvel Homme - 12/12
Extrait de la vidéo
Donc ce septième travail, comme vous pouvez le voir, se passe en crête, donc en fait en dehors du Péloponnèse. Donc les six premiers travaux se sont passés dans le Péloponnèse, les quatre suivants vont se passer hors du Péloponnèse, respectivement en crête pour le taureau, en trace pour les jumeaux, en asie mineure pour les amazones, et les deux derniers travaux vont se passer hors du monde, c'est-à-dire respectivement dans le ciel et sous la terre, lors de la capture du Cerbère, qui sera le dernier travail.
Donc vous avez une logique des douze travaux, donc c'est 6-4-2. Symboliquement ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les six travaux qui se passent dans le Péloponnèse concernent comment la personne va se mettre en contact avec les forces du monde du sens, avec la présence du soin. D'abord par l'ouverture avec le lion, ensuite par le nettoyage des encombrements avec l'hydre, ensuite par le contact conscient avec sa mission spirituelle avec le sanglier, l'intégration dans le corps de cette mission spirituelle avec la biche, et la capacité à poser sa conscience au-dessus de son mental avec les oiseaux, et le grand nettoyage final avec les écuries d'urgence.
Donc c'est ce processus que je viens de résumer en quelques mots, d'alignement entre l'âme et la personnalité, ce qu'on appelle dans une autre tradition la construction de l'antahkarana, la première partie du pont arc-en-ciel qui relie l'âme, enfin qui relie la personne et le soi. C'est toute la tradition du tibétain, de l'Hesbélée, qui veut dire karana, qui est le pont arc-en-ciel. Si vous voulez, ce qui se passe c'est qu'on a le soin.
Pourquoi je le mets en pointillé ? Parce que c'est une conscience qui est ouverte bien sûr sur le monde du mystère, qui est définie mais qui est ouverte en même temps sur le monde du mystère, et donc ce soi va se projeter dans le monde manifesté pour produire le moi, qui lui-même va être façonné évidemment par l'environnement extérieur, par l'histoire personnelle du sujet, et qui va agir dans le monde.
Donc le soi a besoin d'un bon outil qui est le moi pour agir dans le monde. Sauf qu'après la naissance, évidemment, ce canal-là se coupe. L'enfant est encore dans la lumière, le bébé qui vient de naître est encore dans la lumière, il est en contact avec son âme, et après au bout de six mois, un an, deux ans, du fait de l'éducation, du fait du besoin de survie, du fait du besoin d'être aimé, etc., il va se construire uniquement sur le moi avec la coupure de ce canal.
Donc il va falloir dans les six premiers travaux d'Hercule reconstruire la circulation entre le soi et le moi, reprendre contact avec le cœur de notre cœur, et voir, le premier travail ce sera de voir à quel point le moi est une construction illusoire élaborée pour nous protéger du monde et pour être aimé. Donc les six premiers travaux, c'est en fait l'ouverture de ce premier pont, cette première partie du pont entre le soi et le moi, puis il y a une deuxième partie du pont qui est là, et qui va, si vous voulez, dans la terminologie chrétienne, on a le corps, l'âme et l'esprit.
Donc là on va aborder les six travaux suivants qui concernent la construction de la deuxième partie du pont, qui techniquement, en fait, est le passage entre la troisième et la quatrième initiation, si l'on se réfère à la cohérence du tibétain. La troisième initiation, c'est le contact direct et permanent avec le soin, lorsqu'elle est achevée. Et la quatrième initiation, c'est ce que le christianisme a appelé la crucifixion, sur le Golgotha, qui veut dire le lieu du crâne, c'est-à-dire le moment où le Christ remet son esprit entre les mains du Père.
Donc à ce moment-là, il remet son esprit entre les mains de ce qu'on appelle ici l'étoile, l'esprit, le monde des essences, la monade, si vous voulez, et on a un autre phénomène qui est la destruction du corps causal, c'est-à-dire en réalité de la demeure du soi. Tout ça c'est un peu technique, mais simplement pour vous situer. Donc le soin est évidemment en contact quasiment télépathique avec d'autres soins.
Donc ça c'est les argonautes, qu'on a vues lors du troisième travail, lorsqu'Hercule, qui a découvert sa mission spirituelle, rentre en contact avec d'autres personnes qui sont sur le même chemin que lui. Donc tout ça, ça va se passer première part dans le Péloponnèse, et après on va être hors du Péloponnèse dans d'autres endroits. Donc le premier travail hors du Péloponnèse, hors de cette relation entre l'âme et la personnalité, on considère qu'elle est maintenant établie et suffisamment continue, Hercule va rencontrer les forces du monde du mystère, qui vont être matérialisés par le taureau, par les juments, et par les amazones.
Et je vais quand même vous retrouver celui qui m'échappe, qui est les vaches de Gérion, qui est également un troupeau. Et après on aura deux travaux en plus, qui est l'exploration de la cime et l'exploration des abysses. Donc le taureau de Crète, travail qu'on va associer au signe de la Vierge, et non pas au signe du taureau. Pour des raisons que je ne peux pas vous expliquer maintenant, parce que ça demande d'avoir la cohérence de l'ensemble des systèmes, j'essaierai de vous en dire un mot quand on aura vu les douze travaux.
Eurysthée demande à Hercule d'aller capturer le taureau sauvage, qui ravage la Crète, et de le lui ramener. On a peu d'informations sur ce travail, en fait. Tout ce qu'on sait, c'est que Hercule a traversé l'océan, on ne sait pas comment, pour aller jusqu'en Crète. Que là, il a capturé le taureau sauvage, et qu'il l'a chevauché pour le ramener jusqu'au continent, jusqu'à Mycènes.
Vous imaginez, Hercule chevauchant un taureau sur les flots pour le ramener à Mycènes.