Accueillir et déployer ses émotions pour guérir
"Les thérapies transpersonnelles vont chercher un matériel inaccessible par la parole !" affirme Djohar Si Ahmed. En effet, si les sciences dures permettent d’édicter un certain nombre de lois régissant notre monde matériel, ce désir d’établir des process reproductibles ne peut malheureusement pas être satisfait dans le champ des études de la psyché…. Ceci, au grand dam des partisans de cette volonté diabolique qui consisteraient à "plaquer de la mécanique sur de l’humain". Pardon Aristote, Freud ou Lacan mais cela fait plusieurs décennies que le monde entier s’accorde à penser que notre mal-être émotionnel ne peut plus - uniquement - se guérir allongé sur vos divans et sur ce mode exclusivement "verbal".
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Psyché en grec veut dire "âme" : une définition univoque de ce terme existe-t-elle aujourd’hui ? La réponse est négative.
Paradoxal, ne trouvez-vous pas ? Nous sommes actuellement sept milliards d’individualités sur cette planète, or il se trouve que chacun de nous est concerné par cette question, par cette absence de définition. En effet, chacun de nous est dépositaire de ce (même ?) fragment dont l’origine demeure encore aujourd’hui incertaine. Transpersonnelle ou spirituelle pour certains, immortelle dans de nombreuses traditions…. "Dieu est anagramme de vide" dit-on et dans un autre registre: "définir c’est finir". L’âme résiste donc à tout carcan : amis chirurgiens, neurologues ou ingénieurs des choses de l’esprit, cette notion échappera vraisemblablement encore dans ce siècle à vos bistouris, scanners ou systèmes métriques !
Djohar Si Ahmed est une artisan, une artiste qui sans règle préétablie (mais non sans bagage) sait décrypter les méandres de nos affects, nos états de souffrance. Que cette souffrance soit (1) infra-verbale, archaïque, ce qu’elle décrit comme "un aller-retour aux origines de la fondation de la vie psychique" ou dans un second temps (2) intelligible puisque "nous sommes des êtres humains, nous avons la possibilité de mettre en mots ce qui nous arrive, l’exprimer, le retourner"…. A travers
la PNL, l’hypnose, la respiration holotropique, ou la sophrologie,
Djohar saura grâce à ces différents outils identifier les méandres de votre âme, nommer les croche-pattes de vos émotions et ainsi, peut-être, vous proposer un chemin de guérison.
Son travail, sa longue expérience, elle l’évoque justement dans son dernier ouvrage "Les processus de guérison, accueillir et déployer ses émotions pour guérir" (Edts Dangles, 2015) coécrit avec Gérald Leroy Terquem.
Souhaitez-vous découvrir en quoi le transpersonnel peut mener au transcendant ?
Comprendre en quoi "ce qui fait souffrir l’être humain, c’est ce sentiment de quitter cette appartenance à la totalité" ?
Ce chemin de guérison emprunte-t-il nécessairement les pavements de la pensée animiste ?
Eléments de réponses ici, en compagnie d’Eriki Pigani.
Extrait de la vidéo
Et bien bonjour, nous allons passer ce soir la soirée avec Jawar Siamed qui est psychanalyste psychothérapeute et qui vient de sortir un livre qui s'appelle Les processus de guérison sous titre Accueillir et déployer ses émotions pour guérir. Donc d'abord merci aux équipes techniques de Bagliss TV de nous permettre cette discussion qui sera une discussion libre plutôt qu'une interview formelle sur le livre que je viens de lire et qui vient de paraître chez Dangle.
Et j'ai tout de suite envie de commencer par une petite remarque car le sous titre du livre Les processus de guérison est Accueillir et déployer ses émotions pour guérir. Or ce que j'ai découvert en lisant ce livre c'est que c'est bien plus qu'un livre sur les émotions. Moi qui suis journaliste dans les domaines de la psychologie j'ai découvert ces 10 dernières années, je ne sais pas, 150, 200 ou même 300 livres différents sur les émotions, mais celui-là il est particulier, il a ses spécificités.
Il va bien plus loin que la simple description des émotions, de leurs fonctions et de leur utilité, parfois comme des guides. Et d'ailleurs ce livre commence en fait par votre parcours, comment vous êtes parti, vous et Gérald Leroy-Therrien qui est psychiatre, de votre pratique de psychanalyste et psychiatre pour aller vers une pratique que moi j'appellerais quasi chamanique, dans des domaines des nouvelles thérapies qui sont les thérapies holotropiques, les thérapies transpersonnelles.
Donc c'est un parcours très particulier qui commence en plus avec une attaque en règle contre les non-résultats de la psychanalyse. Voilà donc bonsoir Joar, j'espère que vous avez entendu tout ce que j'ai dit correctement, et moi ce que j'ai envie de vous demander de commencer c'est comment êtes-vous parti, comment avez-vous fait pour passer de la psychanalyse jusqu'à aujourd'hui en tant que psychothérapeute dans les domaines du transpersonnel, je pense par exemple à la respiration holotropique ou à d'autres approches que l'on dit plus chamaniques ou plus de guérison d'esprit à esprit.
On peut aller très loin si on ne lit même pas entre les lignes du livre parce que c'est absolument clair. Ok, donc bonsoir Eric, effectivement je voudrais d'abord répondre à la question des émotions, le sous-titre du livre c'est effectivement une espèce de compromis comme ça arrive souvent entre un éditeur et des auteurs, on pourrait y revenir peut-être, mais c'est un sous-titre qui a plus été choisi par l'éditeur, donc ça c'est la première chose.
Donc après par rapport au parcours effectivement, il s'agit d'un parcours qui a été mis depuis le début, et mon co-auteur aussi a été mis, par la nécessité de se questionner, c'est-à-dire qu'il y a deux grands axes qui ont toujours été très importants, un axe qui était de comprendre les choses de la vie humaine, les choses de la psyché, les choses de la maladie, les choses de la guérison, aussi loin que je me souvienne, et l'autre aspect c'est de comprendre comment il était possible d'aider des personnes à dépasser une symptomatologie, un état de souffrance, un mal-être ou plus.
Donc ça c'est le premier point. Ensuite effectivement, cette question, cette curiosité, cette envie de savoir, cette envie d'aider m'a amenée tout naturellement, pour ce qui me concerne, à faire des études de psychologie et être psychanalyste. Quand j'ai été psychanalyste, et pendant ma formation psychanalytique et pendant mes études de psychanalyse, évidemment il y avait des questions qui se posaient, en tout cas moi je me les posais, sur les raisons qui faisaient que pour certains la psychanalyse marchait bien, pour certaines problématiques on va dire que ça marchait bien, et pour d'autres problématiques bien ça coincait.
Donc ce n'est pas que la psychanalyse, on fait une attaque en règle contre la psychanalyse, nous sommes toujours psychanalystes, mais c'est que pour certaines problématiques la psychanalyse orthodoxe en tout cas n'est pas l'adaptée. Donc ceci m'a amenée en tout cas à me poser des questions sur qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui peut potentialiser le travail de l'analyse, qu'est-ce qui peut faire que des choses qui sont bloquées, qui ne sont pas atteignables dans une séance de psychanalyse puissent être abordées par d'autres approches.
Donc c'est une première question qui m'a amenée à m'intéresser à l'hypnose. L'hypnose qui était déjà une façon de potentialiser le travail de l'analyse et de permettre à des personnes de contacter des niveaux de son être ou des niveaux de souffrance qui n'étaient pas contactables par le même. Donc c'est comme ça que je me suis formée à l'hypnothérapie classique, érectionnelle, pour pouvoir un petit peu remarquer qu'effectivement l'état de conscience, la modification, une certaine modification de l'état de conscience pouvait aider les personnes à contacter des choses non contactables par l'approche thérapeutique.
Donc ça c'est le premier point. D'accord, mais juste, ce n'est pas une attaque en règle, mais pour ceux qui... Il y a dans le public beaucoup de gens qui pensent que la psychanalyse, il n'y en a qu'une, d'abord c'est ça qu'il faut bien préciser, il n'y a qu'un seul modèle de psychanalyse, c'est la psychanalyse orthodoxe, donc la psychanalyse sur le divan, et qui est encore entretenue, une image encore entretenue dans les médias, quand on parle du divan, etc.
C'est pas une attaque en règle, mais quand on lit étonnement, désappointement, de découvrir que certains patients pouvaient rester des années en analyse sans le moindre changement, bon, pour le grand public, ça peut être étonnant de dire mais alors donc, à quoi sert la psychanalyse ? Et c'est ça que j'aimerais que vous donniez, parce que vous dites, nous sommes encore psychanalystes, mais de quelle psychanalyse parlez-vous ?
Alors, une psychanalyse élargie, effectivement, vous avez tout à fait raison, une psychanalyse élargie, non pas enfermée et orthodoxe telle qu'on l'a connue, telle qu'on a appris à la fac. Ce que vous venez de citer, la phrase que vous venez de citer, effectivement renvoie à certaines problématiques qui ne sont absolument pas mobilisables par le cadre analytique. C'est pas que la psychanalyse n'est pas bonne, c'est que le cadre ne convient pas.
Il faut changer de cadre, il faut changer de référentiel. Donc, on va parler tout à l'heure des états de conscience et de la respiration nootropique. Il faut ramener quelque chose, un cadre, une approche différente qui permette à des sujets de contacter, comme je disais tout à l'heure, des espaces ou des niveaux de son être incontactables. Ce qui nous constitue et ce qui me constitue moi et ce qui me caractérise aussi, c'est le fait d'intégrer.
Je crois qu'on aurait pu remplacer ce sous-titre par une certaine intégration des approches de thérapie. C'est le fait d'intégrer, c'est-à-dire que je ne rejette pas la psychanalyse, avant c'était la