Quelle différence entre mystique et théosophie ?
Selon Jean-Pierre Bonnerot, la théosophie se définit comme une science (ou une sagesse) de Dieu. Par opposition à la mystique qui tend à l’être humain, et à titre personnel, de prendre conscience de la présence de Dieu. La théosophie pourrait donc être représentée par un élan vertical, partant du bas vers le haut : l’effort de l’homme tendant vers Dieu, tandis que la mystique relèverait d’un sens opposé: partant du haut vers le bas. Une forme d’adombrement descendant de la porte des Dieux vers la porte des hommes.
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Deux approches, donc, totalement différentes.
Selon Saint-Paul, cette connaissance n’est accessible que par l’illumination intérieure qui s’oppose à toute velléité humaine : l’homme, quelque soit ses moyens et ses raisonnements, ne peut ni prétendre ni espérer dans ses conclusions arriver à des résultats qui serait proches de l'acquisition de la sagesse de Dieu.


Mais la Sagesse est-elle à Dieu ? Et si tel est le cas, le mystère de cette sagesse est-il communicable, concevable ou même compréhensible par l’homme ? Ces deux voies, ascendante et descendante, thésosophie et mystique, permettent-elles d’accéder à une même Grâce ? A une même maïeutique, en quelque sorte, ou illumination ?
Réponse de l’auteur dans cet exposé de 49 minutes.
Extrait de la vidéo
C'est toujours un plaisir, effectivement, de participer au débat et exprimer aussi des idées dans le cadre des émissions de Baglitz TV. Aujourd'hui, le sujet portera donc sur théosophie et mystique, voire les différences qui peuvent exister entre ces deux domaines. La théosophie se définissant comme une science ou une sagesse de Dieu par opposition à la mystique qui tente, autant qu'il est possible pour l'être à titre personnel, de prendre conscience de la présence de Dieu.
Donc, deux approches totalement différentes. La sagesse est-elle à Dieu ? Et donc, dans le cadre de cette sagesse qui est à Dieu, le mystère de cette sagesse est-il communicable, est-il concevable, compréhensible pour l'homme ? Ou bien la sagesse est-elle de Dieu ?
Ce mystère de la sagesse, à ce moment-là, effectivement, pourrait, d'une certaine façon, être communicable. Mais comment cette communication peut-elle s'envisager ? Donc, n'essaiera de ne pas tenir compte de la sagesse qui est à Dieu, parce que ce qui est à Dieu est à Dieu, et l'homme ne pourrait pas prétendre, sauf dans un orgueil infini, s'élever au niveau de Dieu. Nous verrons que cela fut tenté, toutefois.
Mais considérons que la théosophie parle de la sagesse qui est de Dieu, qui est donc accessible par deux voies. La connaissance naturelle de Dieu et la connaissance surnaturelle de Dieu. Cette connaissance surnaturelle de Dieu suppose, en fait, une illumination, et cette illumination relève du mystère de la grâce. Dès lors, si la grâce existe, et elle existe, la théosophie et le théosophe vont, par certains biais du fait de la grâce, rejoindre, par certains côtés, la mystique.
Mais le théosophe est-il en quête de la grâce ? Et quelle est cette connaissance ? Cette connaissance de Dieu ? Saint Paul, dans la première épître aux Corinthiens, au chapitre 2, verset 6 et suivant, est très clair.
Il dit que cette connaissance, cette science de Dieu n'est accessible que par l'illumination intérieure opposée à tout ce qui pourrait être humain et opérée par l'Esprit-Saint, et elle est supérieure à la sagesse humaine. Dès lors, si le théosophe accomplit sa quête par ses propres moyens, par ses raisonnements, il ne peut pas prétendre, dans ses conclusions, arriver à des résultats qui seraient proches de cette acquisition ou de cette perception de cette sagesse de Dieu, qui ne peut être opérée que par la grâce, que par l'Esprit-Saint.
Alors une première question se pose. L'homme peut-il, par ses propres moyens, son raisonnement, accéder à cette science de Dieu ? Alors nous avons un exemple dans la Bible qui est intéressant, qui est le cas de la tour de Babel. Cette tour de Babel, pourquoi ?
L'homme veut s'élever au niveau de Dieu. Mais cette tour de Babel constitue, en fin de compte, une faute, une répétition, par certains côtés, de la chute originelle. Une maintenance, en quelque sorte, de cette chute. Et les systèmes utilisés, par ailleurs, dans le cadre du principe de la théosophie, pour ma part, je ne parlerai aujourd'hui que de la théosophie chrétienne, étant chrétien, et je ne peux pas, évidemment, évoquer une pensée qui ne serait pas chrétienne, car ce n'est pas ma spécialité.
Donc, dans les systèmes utilisés et relevants de la théosophie, tous ces systèmes émanent de l'idée d'un secret. Un secret qui voudrait pénétrer les secrets de la nature, de la création, amenant et réduisant Dieu à la sphère des connaissances humaines. Un secret, donc, qui passe par une pratique. Cette pratique est elle-même le secret.
Nous aurons des cas divers, comme, par exemple, Cornelius Agrippa, qui prônera des réflexions et des actions par la magie. Un Martinez de Vasquelli, qui, par une prétendue théurgie, pense pouvoir accéder à une vision de Dieu et accomplit l'œuvre de Dieu, la réintégration, alors que cette réintégration est déjà accomplie par le Christ. Aussi, peut-être, certaines voies alchimiques pour la partie, donc, de cette alchimie qui considère, en niant le spirituel et en niant les conséquences de la chute, qu'il est possible d'accomplir le grand œuvre.
Un point qui mérite débat, mais sur lequel je reviendrai, qui est le problème des alliances. Un point particulier, bon, il est évident que si l'être agit par le secours, si l'on peut parler de secours, de la magie, en fin de compte, c'est sa volonté propre qui intervient. Si l'être agit par une voie quelconque théurgique dans l'idée sur laquelle il lui appartient de travailler à la réconciliation de l'homme avec Dieu, cette idée de la réconciliation n'est compatible que dans l'esprit de l'Ancien Testament.
À partir du moment où, précisément, il est admis par le croyant, par le théosophe chrétien que le Christ nous a déjà sauvés et nous a déjà réintégrés, sujet qui a été abordé à propos d'une précédente conversation sur le martinisme quant à ses bases relatives à l'explication de la réintégration, comme base du martinisme, le Christ déjà nous a sauvés, donc il ne s'agit pas de répéter cela, d'autant que rien n'est répétable en l'occurrence, sinon de considérer que le Christ n'a rien fait.
Et ce point, cette négation de l'action du Christ, on la retrouvera d'ailleurs chez les théosophes chrétiens ou assimilés à ce qu'on pourrait appeler les théosophes chrétiens.