Tentative de définiton de la Gnose

Que pourrait-être la Gnose et quelle est sa définition ? Beaucoup d’historiens se sont penchés sur cette question en tentant de distinguer les gnoses des religions révélées -s’il en est plusieurs -  et des gnoses dites païennes.

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Derrière la Gnose se pose le problème de la connaissance de Dieu, et Jean-Pierre Bonnerot soulève dans cet entretien de 30 minutes de nombreuses questions: (1) Comment connaitre Dieu, et quel état faut-il atteindre pour « naitre avec » (con-naitre) le divin ? 
(2)  Pour quelles raisons le christianisme latin, dès le IIème siècle de notre ère avec Iréné de Lyon, a-t-il considéré la Gnose comme hérétique  alors que Saint-Paul écrivait juste avant lui: « il existe une sagesse supérieure à la sagesse humaine vers laquelle les hommes doivent tendre ». Quelle serait donc cette sagesse supra-humaine ?
(3) Pourquoi dénombre-t-on dans l’église orientale des moines gnostiques et pas dans l’église apostolique romaine ? (4) De quelle filiation se revendiquèrent Constant Chevillon et à sa suite Jean Bricaud, Victor Blanchard, Robert Amblain, Robert Amadou, Edouard Gestas, René Chambellan lorsqu’ils tentèrent d’établir une église gnostique en France, au siècle dernier ?

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Pour Jean-Pierre Bonnerot, la Gnose relève de l’Eglise Intérieure. A l’instar de  la théosophie originelle du XVIIème siècle, elle donne une explication symbolique cohérente de la place de l’Homme, de  Dieu et de l’Univers. Elle est une invitation qui est proposée à l’Homme de devenir co-rédempteur de la création, d’agir de telle sorte que l’ensemble des éléments (animaux, végétaux, etc) qui ont été entrainés dans sa chute, retrouvent leur état originel.


Loin de toute forme de pouvoir ou de pacte « faustien », le principe de la Gnose est d’accomplir cette tache, par la grâce de l’Esprit Saint… mais, selon l'auteur,  "qu’est-ce que la Gnose sinon que l’acquisition de l’Esprit Saint ? "…

Extrait de la vidéo

Bonjour, il s'agit donc d'évoquer la question de ce que pourrait être la gnose, terme qui n'a jamais été défini clairement. Beaucoup d'historiens ont tenté de parler de la gnose et du gnosticisme en distinguant toujours d'une part ce que pouvaient être les gnoses des religions dites révélées, s'il en est plusieurs, et les gnoses dites païennes. Aujourd'hui, on va plutôt s'interroger sur ce que serait la gnose dans le christianisme puisque nous sommes en Europe et en France, fille aînée de l'Église.

Le problème de la gnose, dans tous les cas, sera le même qu'il s'agisse des gnoses païennes, de la gnose chrétienne ou des gnoses d'une autre religion dite révélée, qui est le problème de la connaissance de Dieu. Savoir comment on peut être en relation avec Dieu, cette connaissance qui est donc une naissance avec Dieu, est-ce que l'homme naît avec Dieu ? L'homme ne naît pas avec Dieu, l'homme est créé par Dieu.

En revanche, dans le cadre des six jours de la création, l'homme reçoit une âme vivante, Neferchaya, cette âme qui fera, comme le dira Irénée de Lyon, que l'homme a été accréé à l'image de Dieu, à son image, à sa ressemblance il est créé, de telle sorte que l'image tende vers la ressemblance. Cette ressemblance à Dieu, vers Dieu, fait que, effectivement, l'homme, Adam, si on reprend le principe du paradis terrestre, vit une vie intemporelle, il n'a pas besoin de menduquer l'arbre qu'il soit défendu ou non défendu, car il reçoit les paroles de Dieu et dans cette vie intemporelle, dans cette relation avec Dieu, il bénéficie de ce que j'appellerais donc de cette gnose, de cette connaissance de Dieu.

Il y a, dans le paradis terrestre, dans l'œuvre des six jours, la présence de l'Esprit Saint qui est, d'une part, la relation d'amour entre le Père et le Fils, mais aussi la relation et l'expression de la présence de Dieu dans le champ de toute la création. Le problème de la gnose ne se poserait pas aujourd'hui si la chute n'avait pas eu lieu. L'homme vit donc, comme je viens de le signaler, une vie intemporelle.

Satan va se manifester pour proposer à Ève et à Adam de manger d'un fruit qui n'est pas l'arbre défendu, car le sœur Ève avait très bien vu ce point selon lequel, effectivement, l'arbre dont il est question, dans le dialogue entre le serpent et Ève, tout ce dialogue ne porte pas sur l'arbre interdit, mais en revanche, à partir du moment où Adam souhaite vivre par ses propres moyens, survivre par ses propres moyens, sans dépendre de la grâce de Dieu, il rentre dans la temporalité, c'est-à-dire le fait de manger matériellement un fruit, il quitte le champ spirituel de la vie qui était la sienne au profit d'une vie matérielle dans laquelle va maintenant rentrer la mort, rentrer le temps et donc, par cela, même la mort.

Et qu'est-ce qu'était précisément la présence que représentait notamment et que manifestait l'Esprit-Saint dans le champ de la création antérieurement ? L'Esprit-Saint était en même temps l'intemporalité et l'éternité de tout ce qui précédait évidemment la création et l'intemporalité depuis la création. Ce retrait de l'Esprit-Saint va être, en quelque sorte, le grand drame de la chute. Dieu va tenter, bien sûr, à plusieurs reprises, des alliances avec l'homme, avec donc l'alliance avec Adam à échouer, qui était de garder, de cultiver le jardin d'Éden, elle va échouer cette tentative d'alliance avec Noé, elle va échouer avec Abraham, elle va échouer avec Moïse.

Il faut que Dieu se fasse homme pour parvenir, et c'est le principe et la grande raison de l'incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ, Dieu va s'incarner, mourir et ressusciter de telle sorte que la temporalité liée à la mort et la mort liée à la temporalité disparaissent et que l'homme retrouve la condition d'avant la chute, à lui de l'accepter. Mais ce n'est pas pour autant que l'homme dispose de la connaissance, du moyen de revenir à Dieu.

Alors il lui faut maintenant qu'il a retrouvé son état d'avant la chute, il lui faut encore accepter cet état, prendre conscience de la présence. Et c'est à ce niveau-là peut-être que l'on rentrera dans ce que j'appellerais la gnose chrétienne. Cette gnose chrétienne, quelle est-elle ? Bon, il y a cette formule de saint Paul qui dit qu'il existe une sagesse supérieure à la sagesse humaine et vers laquelle les hommes doivent tendre, mais il y a aussi dans l'Entretien avec Moitolitov, ça c'est Séraphime de Saroff, alors que Moitolitov lui demande qu'est-ce que le christianisme, qu'est-ce qu'être chrétien ?

Saint Séraphime de Saroff répond, c'est acquérir l'Esprit Saint, tenter d'acquérir l'Esprit Saint. Cette acquisition en quelque sorte, ou cette tentative d'acquisition de l'Esprit Saint, c'est précisément l'objet de la gnose. D'acquérir, retrouver par cette sagesse que Dieu accorde à l'homme qui est au-delà de la sagesse humaine, nous entrons alors précisément dans le but de la gnose, c'est-à-dire parvenir à la communion entière avec Dieu, avec donc l'incarnation du Christ, la mort, à quitter le monde.

Donc à partir de ce retour de l'Esprit Saint, nous avons quoi comme particularité ? Nous avons ce retour de l'Esprit Saint manifesté deux fois dans le Nouveau Testament, après la résurrection du Christ bien sûr, parce que l'Esprit Saint est manifesté antérieurement dès le baptême du Christ, mais deux fois nous avons deux pentecôtes, une pentecôte totalement oubliée dans les églises de l'Occident chrétien, qui est la pentecôte johannite, où au soir de la résurrection le Christ souffle sur les apôtres, se présente à eux, souffle sur les apôtres et leur dit « recevez l'Esprit Saint ».

Et puis il y a la pentecôte des actes proprement dit, plus connue, toujours rappelée dans l'église latine, qui donc manifestera le départ de l'église. C'est à ça d'un siéf, c'est un éminent théologien orthodoxe qui avait donc écrit un très bel ouvrage sur l'église du Saint-Esprit, car comment parvenir dans le christianisme à récupérer, retrouver l'Esprit Saint, sinon par les moyens offerts par l'église.

Le Christ aux apôtres leur avait dit « pour vous qui suis-je, pour certains tu es élu, pour d'autres tu es cela ». Pierre s'avança et dit « tu es le Christ, le Fils du Divin ».

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