La Sagesse martiale : une quête vers l’unicité
Judo, Karaté, Aïkido : nous sommes nombreux en Occident à nous intéresser, voire pratiquer, l’un de ces arts martiaux venus d’Extrême-Orient. Mais au-delà de l’aspect purement sportif, alliant performance et autodéfense : qui se soucie vraiment de la dimension initiatique et sagesse, dont ces arts sont les dépositaires, la proposition ? Dans son ouvrage « La Sagesse martiale » (Philaurora Edt.) Pierre-Yves Albrecht pose justement cette question et remonte aux sources de cette sagesse.
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Des sources qui s’entrecroisent avec celles qui ont nourri les voies d’éveil. Et où la petite guerre entre les hommes disparait pour laisser place à la grande guerre, celle que l’on mène contre ses propres ennemis intérieurs.


Spiritualiser le corps et corporiser l’esprit
Parole et regard sont souvent trompeurs, le corps et son expression, le geste, en revanche ne mentent jamais. Interviewé par Etienne van der Belen, Pierre-Yves Albrecht nous relate ici sa relation, qu’il qualifie d’amoureuse, avec le Karaté. Une lecture inattendue de cet art qui se transforme en dialogue, où chaque position de la main devient symbole, et où chaque phalange la lettre d’un mot …


« Chaque geste, chaque kata constitue une mudra »
Souhaitez-vous découvrir cet art, cette sagesse où le sport se transforme en initiation : une voie de purification, qui devient avec le temps illuminative puis unitive... ?
Extrait de la vidéo
Bonjour à vous qui nous écoutez, donc bienvenue ici chez Pierre-Yves Albrecht, ici dans son jardin où le soleil brille à foison et je me présente, donc je m'appelle Etienne Van Der Bellen et depuis déjà plusieurs années j'ai rencontré Pierre-Yves et je suis son enseignement depuis donc toutes ces années. Pierre-Yves, donc bonjour, donc nous nous sommes rencontrés il y a déjà une bonne dizaine d'années, c'était à Terre du Ciel, au domaine de Chardeneau, on s'est revu après à Rottingen justement, au chalet d'Alpage, avec les vaches d'Irine, un très beau souvenir et puis depuis donc on chemine ensemble depuis maintenant une bonne dizaine d'années et puis on se retrouve régulièrement à Pierre-Châtel dans cette très belle ancienne chartreuse pour continuer à pratiquer et pratiquer notamment la sagesse martiale et puis à suivre tes enseignements, on est quand même déjà, on est une cinquantaine à te suivre à chaque rencontre, mais peut-être avant de parler de sagesse martiale est-ce que tu peux te présenter et pour ceux qui ne te connaissent pas nous dire un petit peu ton parcours?
assez rapidement parce que ce n'est pas ce qu'il y a de plus intéressant, mais bon de parler de soi même toujours, bon je suis né donc dans ce beau pays, ce Valais, au milieu des vignes, tu comprends mon amour pour le vin là, tu vois, je suis né, j'étais vraiment dans une cuve on pourrait dire, au milieu des vignes et puis entouré de montagnes, donc entouré de montagnes, donc c'est clair que j'ai des racines paysannes, bien entendu, donc c'est clair que toute ma jeunesse s'est beaucoup passé en montagne, dans les hautes montagnes vers Zermatt, vers le Matterhorn, Mont Cervin, Chamonix, etc.
donc j'ai beaucoup bourlingué dans les hauts, donc je suis marqué par la montagne et la vigne, ça c'est, je crois que ça a vraiment modelé mon caractère, comme d'ailleurs le caractère de beaucoup de Valaisans ou de gens de montagne, bon par la suite j'ai fait des écoles normales, à l'université j'ai donc fait un master de philosophie, d'abord, puis après ce master de philosophie, j'ai pris la direction d'un foyer, c'est-à-dire j'ai dû créer un foyer, une institution pour des toxicomanes en 1981, c'est les premiers toxicomanes qui arrivaient dans notre pays, donc il a fallu trouver, on en parlera plus tard, mais il a fallu trouver donc une stratégie, une méthode, si je puis dire, tout était neuf, donc j'ai fait ce travail pendant longtemps, pendant presque 35 ans, 30 ans en tout cas, comme ça je n'ai plus de souvenirs tout à fait de 1981 à aujourd'hui, tu fais le décompte, tu vois il y a quelques années, donc j'ai dû imaginer une pédagogie, une pédagogie que j'ai appelée la pédagogie initiatique, pour essayer d'aider ces personnes en difficulté, et dans cette pédagogie, naturellement, j'ai inclus les arts martiaux, qui est devenu aujourd'hui la sagesse martiale, et je te dirai pourquoi si tu me poses la question, donc j'ai pratiqué cet art martial depuis tout le temps, voilà, depuis toujours si je puis dire, donc par la suite, ou pas par la suite, mais en même temps j'ai fait un doctorat, un doctorat à l'université de Fribourg, en anthropologie, ethnologie, voilà, et j'ai beaucoup voyagé, beaucoup voyagé dans le monde, voilà, surtout dans les pays de l'Himalaya, comme c'est des pays de montagne, où l'Adak, tu connais l'Adak, bon je pense qu'il a beaucoup changé, moi j'y suis pu retourner depuis longtemps, tu y es retourné dernièrement, ça a beaucoup changé, mais j'aimais beaucoup marcher, faire de longues marches dans ces pays Himalaya, donc naturellement dans le pays Himalaya, dans les pays Himalaya, j'ai découvert le bouddhisme, la culture bouddhiste, je ne suis pas devenu bouddhiste, mais j'ai découvert cette culture là, qui d'ailleurs a influencé elle-même les arts martiaux, comme on le sait, puisque le bouddhisme a passé de la Chine au Japon, de l'Inde à la Chine et au Japon, donc il est clair que les arts martiaux dont on parlera sont influencés par le Zen, le Shingon, et d'autres et d'autres courants du Mahayanisme, voilà, j'ai aussi beaucoup bourlingué avec les jeunes, pendant 30 ans, et avec l'académie Aurore, à laquelle tu participes maintenant, dans les déserts, donc dans les déserts de l'Afrique du Nord, donc notre idée était une idée naturellement initiatique, c'est à dire que ce n'était pas une promenade, il s'agissait de faire le tour des déserts, le tour de la mer méditerranée, donc je fais exprès de m'arrêter sur mer méditerranée pour bien montrer l'importance de la mer et du père dans la problématique que je rencontre avec ces jeunes toxicomanes, donc l'idée était de partir à la quête du Graal, en fait une démarche très chevaleresque, qu'est ce que c'est que le Graal, tu me demanderas, on en parlera plus tard, mais de faire ce tour de la méditerranée à travers les déserts, donc on a fait un énorme chemin physique déjà, donc on est parti d'ici, et on est allé de Sion, de Valère, Tourbillon, Valère que tu vois ce beau château là-bas, où l'histoire raconte que le Graal se serait arrêté à Valère, donc mon idée c'était de partir de là où il s'est arrêté, parce que le chemin, certains chemins, pas de la soie, mais certains chemins passaient de l'Etang, passaient ici pour aller jusqu'en Italie, et entre autres passaient par Gruyère, par Fribourg, et par Valère, où voilà, Sommeilleret serait dans l'occultation, ce fameux Graal qui nous occupe depuis un temps, donc on est parti d'ici, on a marché par le périnage de Compostelle jusqu'à Compostelle, après bien entendu on est descendu jusqu'au fond du Maroc, au fond du Maroc on a traversé la Mauritanie, après on a traversé le Mali, après on a traversé l'Algérie, on est remonté sur l'Algérie, on a traversé la Libye, la Libye et finalement l'Égypte, on est revenu de l'autre côté par Israël, on est remonté jusqu'à Valère, dans l'espoir que cette marche désoccultait ce qui devait désocculter, donc c'était quelque chose de fantastique avec des jeunes, on a fait ça sur plusieurs années, sur une dizaine d'années quand même en marchant comme ça, dans des déserts vraiment très difficiles, toi tu as connu certaines expériences dans le désert, tu vois ce que c'est que le désert, donc ça c'était une grande partie de ma vie, beaucoup plus que les titres universitaires,