Pour beaucoup d’entre nous, la Franc-maçonnerie donne un visage uniforme et stable. Celui d’une société discrète, où le consensus général prévaut, où les sujets qui divisent les hommes sont proscrits des discussions et où la fraternité s’exprime au gré d’une immuable – et parfois monotone - succession de rites et de festivités.

André Combes va ici méthodiquement déconstruire cette image lisse et morne. En brossant trois siècles de son histoire politique mouvementée, et en énumérant les nombreuses mues que ce serpent de mer a laissées derrière lui, il va mettre à mal, faits à l’appui, ce masque d’apparat et ce conservatisme apathique.

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Une Franc-maçonnerie tout à la fois républicaine, orléaniste, monarchiste, bonapartiste, saint-simonienne et fouriériste…

Un précis d’histoire maçonnique, et politique, parsemé d’anecdotes cocasses (« Eliphas Lévi démissionnant de sa loge, la Rose du Parfait Silence, à la simple contestation de l’existence de Dieu », « Robert Amadou déambulant dans les couloirs de la rue Cadet en soutane et calotte »), où André Combes nous laisse entrevoir de manière fidèle, et objective, l’envers du décor.

Un lieu mouvementé donc, à l’image de l’hétérogénéité qui a toujours composée ses rangs, et où les questions de « politique » et de « religion » apparaissent finalement bien souvent au cœur des débats…

Selon vous, cette utopie qui vise à réglementer « nos Devoirs envers Dieu », « réduire la pauvreté », « lutter contre les inégalités », « instaurer le bonheur universel » peut-il être l’apanage, à la fois, de nos curés (imams ou rabbins), de nos élus et.... de la Franc-maçonnerie ?

Remerciements au groupe d’étude Politica Hermetica pour leur accueil et l’organisation de ce colloque qui s’est tenu à l’EPHE de Paris.