Jung et Platon représentent incontestablement deux figures majeures des sciences dites "humaines". Si Platon –le philosophe- érigea un monde des Idées, lieu d’absolus, distinct du monde sensible; Jung -le psychiatre- nous ramena sans relâche à la réalité du terrain: celle de ses patients et de leurs névroses….. Ces tourments sont-ils si éloignés de ceux qui jalonnent le quotidien de l’homme maintenu prisonnier dans la caverne ? En d’autres mots : philosophie et psychologie peuvent-elles s’accorder ?

Ou, encore, pour aller droit au but :

"individuation jungienne" et "sortie de la caverne" constituent-elles une comparable initiation ?

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Dans son ouvrage récemment paru (2016, Ed. le Martin Pêcheur), Chrystel Delaigue nous invite à concevoir un dialogue entre ces deux penseurs. Cette tentative de concordance, si elle peut paraitre impertinente pour les thuriféraires de tout crin, n’a rien du coup de bluff : n’est-ce pas ce même Platon qui, conduisant le prisonnier hors de la caverne, lui permit de retrouver son corps, de connaitre la lumière et d’identifier l’ombre de ce lieu souterrain ? Réciproquement :

n’est-ce pas Jung qui réhabilita avec érudition et ferveur ces références platoniciennes et nous invita à nous extraire de cet antre primordial ?

Plus largement, Chrystel Delaigue nous invite ici à retrouver ce qui, dans le corpus jungien, s’inscrit dans le sillon de la pensée platonicienne.
Un véritable travail d’archéologue de la psyché humaine qui ne manquera pas de soulever, aussi, leurs différences : unité n’est pas uniformité.