Ce vaste ensemble de connaissances était étudié par une élite – rappelons qu’à cette époque le taux d’alphabétisation demeurait très bas – et les préoccupations de cette élite d’antan ne tournaient presque qu’exclusivement autour des « affaires du Ciel ». Nous ne parlons pas ici de météorologie, cette science typiquement moderne et utilitaire, mais bien de théologie et de connaissance de Dieu….

Ces arts libéraux, venant du « Verbe » et du « Nombre » seraient-ils un fil d’Ariane pour sortir du labyrinthe ?

De nos jours, en Occident, tous ces repères ont volé en éclat au point même de s’être inversés. La question de Dieu - ou des Dieux- n’intéresse guère qu’une poignée de métaphysiciens ou de mystiques, et, parallèlement, nos jeunes enfants savent reconnaitre dès l’âge de un an, l’arobase de leur tablette tactile. Paradoxe ? Tragique plaisanterie du fatum ?

Sommes-nous maitre de cet environnement labyrintho-techniciste, ou bien en sommes-nous les prisonniers ?

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Luc Bigé poursuit ici son analyse du mythe d’Icare et souligne le message que cette figure, au-delà des époques et des civilisations, peut nous apporter à nous, hommes du XXIème siècle.
Une démonstration qui ici prend la forme d’un réquisitoire sévère contre cette civilisation qui passe son temps à jouer, à se distraire derrière des écrans de fumée cathodique et où « information » et « Connaissance » se confondent dans un pathétique paso doble présenté comme « cool » et « ludique ».

Cette technologie : un reflet objectivé de notre intellect ?

Luc Bigé se drape ici avec un plaisir non feint dans les couleurs d’un Spartacus, l’ancien esclave devenu révolutionnaire, et libérateur de ses coreligionnaires. Un souffle d’insurrection, rare et puissant, émane de cet exposé qui prend les traits d’une invitation à nous enivrer de la « pensée magique ». Boire sans retenue de ce « nectar qui nous ouvre les portes du monde des mystères et de la Nature… » .
Tenté par l'aventure ?