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Lundi dernier

L’art roman et le chant grégorien : l’architecture au service du son

L’art roman et le chant grégorien : l’architecture au service du son

 
23 mars 2015

De tout temps, l’homme a tenté d’entrer en communion avec des plans qui lui sont supérieurs. Afin d’encourager ce désir et accroitre son opérativité, il a construit d’une part des lieux de cultes répondant à des proportions et repères cosmo-telluriques bien précis et d’autre part développé tout un ensemble de rituels qui, s’ils semblent différents sur un plan extérieur, participent, chacun à leur niveau, au même idéal. Ainsi depuis l’art pariétal (de plus en plus de voix affirment que leur usage était exclusivement d’ordre chamanique) jusqu’à la liturgie chrétienne: selon les moyens de son époque, l’homme a systématiquement mis ses arts et sa connaissance au service de cette quête mystique. Une quête mystérieuse, où rencontrer anges, archanges, séraphins ou même Dieu deviendrait possible….


Jupiter, l

Jupiter, l'instinct de transcendance

 
16 mars 2015

"Pour Jupiter, la coopération prime sur la compétition !" nous-dit Luc Bigé. Nous avons étudié les luminaires et les planètes personnelles : abordons à présent la symbolique des planètes lourdes, dites "collectives". La première d’entre elles, Jupiter, succède à Mars. Sa mission première consiste donc à gérer, organiser le fruit des conquêtes martiennes. Jovial (on parle de planète jovienne), "pas possessif mais qui aime à s’entourer de possessions", un jupitérien (Sagittaire ? Poissons ? Ascendant ?) se reconnait dans son soucis constant à favoriser le collectif sur l’individuel. Et ce avant même sa propre personne. Jupiter est dans l’expansion, dans l’extraversion, dans cet insatiable désir de partage, ciment d’une organisation sociale harmonieuse. Contrairement à Saturne :


Top 3

L’ésotérisme de Dante

 
9 mars 2015

L’ésotérisme de Dante

Dante Alighieri (1265 -1321) est un poète majeur du Moyen Âge. Ecrivain, homme politique florentin, il est l'auteur de la Divine Comédie qui est considérée comme l'un des chefs-d'œuvre de la littérature mondiale. L’ésotérisme de Dante*, dont il est question ici, aborde le sens profond, clairement initiatique, de l'œuvre de Dante. Dante fut sans doute bien plus que "le génie littéraire" qui suscite tant d'admiration actuellement. Et l'on est en droit de penser que bien des choses, pour ne pas dire des trésors, restent à découvrir dans ce que certains exégètes ont appelé non sans raison "le testament spirituel du Moyen Âge"…


Hermès atemporel par Patrick Rivière

 
23 février 2015

Hermès atemporel par Patrick Rivière

Hermès est une acception polysémantique qui renvoie tour à tour au Dieu des alchimistes, à une figure archétypale que l’on retrouve dans trois civilisations : égyptienne (Thot), grecque (Hermès), romaine (Mercure), ou encore à la quête du Graal chez les chrétiens. Appelé "trois fois grand" (Trismégiste), son oeuvre se compose de nombreux ouvrages dont le fameux Corpus Hermeticum. A travers l’étude des arts, de la médecine, de la philosophie et de l’observation de la nature, la pensée d’Hermès ne poursuit qu’une ambition, phénoménale, celle de relier le Ciel et la Terre….


Le Quadrivium: de la préhistoire à nos jours

 
23 février 2015

Le Quadrivium: de la préhistoire à nos jours

La présentation que font nos encyclopédies du Quadrivium le présente comme un ensemble "de quatre sciences mathématiques dans la théorie antique : arithmétique, musique, géométrie, astronomie. Une pratique qui remonterait au Vème siècle avant Jésus Christ et aurait disparue lors des invasions barbares", soit un millénaire plus tard. Point final. Circulez braves gens, il n’y a rien d’autre à comprendre de cette époque "d’un autre âge"….


Un livre de Luc-Olivier d’Algange s’ouvre comme un coffre mystérieux, dissimulé sous des oripeaux poussiéreux, dont on sait déjà qu’il est empli de trésors. Avec Lux Umbra Dei, publié chez Arma Artis, il poursuit son œuvre de rappel à l’essentiel.

L’éveilleur sait que la littérature révèle malgré les Université prétentieuses, contre les Chapelles hallucinées. Il invite dans l’enceinte de la conscience une pléiade de penseurs, peu conformes souvent à la médiocrité des temps présents, qui trouvent enfin un espace hors-temps où « dire » et se rencontrer. Non seulement Luc-Olivier d’Algange donne la parole à tous ces êtres en alerte de l’esprit et par l’esprit mais ils tissent entre eux des liens improbables qui font sens.
Dans cette ombre lumineuse, le lecteur, conversera avec Baudelaire, Pierre Boutang, Léon Bloy, Henry Bosco, Novalis, René Char, Hölderlin, Maître Eckhart, Witkacy et tant d’autres qui fondent dans ces pages une « université » invisible de l’éveil.
L’ouvrage est placé par l’auteur sous la direction de Joseph de Maistre afin d’établir d’emblée le cadre général de la problématique entre Tradition et Modernité, pour mieux échapper aux enfermements de notre monde carencé :
« De Joseph de Maistre, le génie et la générosité (termes au demeurant interchangeables, de par leur étymologie même, pour autant que nous soustrayons le mot « génie » de ses connotations impliquant une exacerbation morbide de la singularité humaine) seront de nous offrir, comme une espérance prodigieuse d’échapper au nivellement et à l’uniformité, une Norme sacrée. Que cette Norme dût être réinterprétée, que ses aspects fussent ici-bas changeants comme les scintillements de la lumière sur un fleuve, cela ne modifie pas davantage la Vérité que les reflets de la clarté sur l’eau ne changent le soleil. Il ne s’agit point de se laisser hypnotiser par l’éclat ou le reflet, mais d’en saisir l’essence voyageuse et lumineuse. L’œil est à la lumière ce que le visible est à l’invisible. Cette auguste présence, non seulement de l’invisible dans le visible mais du visible dans l’invisible, de la nature dans la Surnature, voilà bien, pour le Moderne, l’inacceptable. »
Toute l’œuvre de Luc-Olivier d’Algange consiste à nous inviter à ce double dialogue entre le visible et l’invisible, à pénétrer le jeu dualiste pour le traverser, tout en appelant à l’élégance. C’est que l’élégance, ou plutôt les élégances du verbe, traduisent la nécessité de l’essence qui est liberté. Il en appelle avec insistance, parfois avec rage, à la poésie, vaisseau idéal pour voguer sur l’océan des contradictions et des rumeurs dualistes vers l’autre rive…, une poésie qui ne saurait être séparée d’une métaphysique.
« Lorsque la Révolution et la Contre-Révolution fourvoient le « faire » et le « défaire » dans l’inane et le vulgaire, le « contraire d’une Révolution » maintient l’être, durant l’interrègne, dans la plénitude de son possible. Baudelaire, penseur de l’ultime, va jusqu’au bout des prémices maistriennes, il les applique rigoureusement, en persistant dans une façon d’être qui est aussi une façon de dire. La lucidité baudelairienne départit son pessimisme de la tentation que serait le péché contre l’espérance. La leçon maistrienne tient Baudelaire sur ses gardes : « Défions-nous du peuple, du bon sens, du cœur, de l’inspiration et de l’évidence ». Tout le romantisme révolutionnaire et contre-révolutionnaire, si encombrant et si cacophonique, est ainsi déjoué en une seule phrase. Ce qui importe, c’est de sauvegarder la musique et l’espace. « La musique, écrit Baudelaire, donne l’idée de l’espace. Tous les arts, plus ou moins ; puisqu’ils sont nombre et que le nombre est une traduction de l’espace. » Le poème le redit : « La musique creuse le ciel ». L’immobilité du poète garde la vastitude et l’unité. »
La musique est un art de l’intervalle, c’est pourquoi elle garde libre l’accès à l’être. Toute l’écriture de Luc-Olivier d’Algange est musicale. En chef d’orchestre, il compose une symphonie du silence et de la grâce sur les dires de nos penseurs-poètes. Contre les outrecuidances des « cadavres ajournés », il suscite une révolte sacrée, plutôt qu’une révolution et une contre-révolution réplicantes et stériles. Cette musique porte le voyage, voyage vers Dieu, voyage en Dieu, voyage initiatique en tous les cas, voyage qui est toujours « retour au centre ». L’ange du retournement n’est pas loin, sans lequel le voyage serait vain, sans Esprit :
« On pourrait dire du Saint-Esprit qu’il se présente à l’intelligence humaine sous la forme d’une spirale de Moebius. Tout écrivain qui laisse se manifester en ses signes écrits les éclats du Saint-Esprit écrit comme sur un ruban où l’avers et l’envers, l’intérieur et l’extérieur, le songe et le réel se changent perpétuellement l’un en l’autre dans la courbe qui témoigne de l’essor du mouvement. N’importe quelle bande de papier peut opérer à cet office médiateur. Encore faut-il savoir le joindre par l’opportun retournement herméneutique. Il y a des écritures plates, qui débutent et s’interrompent (et qui, par quelque subterfuge rhétorique font passer leur interruption pour une fin) et des écritures retournées, qui révèlent l’unité de l’envers et de l’endroit dans le recommencement. Telle est la littérature que nous nommerons métaphysique : non une littérature qui représente des idées, des notions mais une écriture qui se retourne sur elle-même et recommence. »
Le lecteur de Luc-Olivier d’Algange doit, lui aussi, accepter d’être retourné afin d’apprendre à « voir ».

Editions Arma Artis, BP 3, 26160 La Bégude de Mazenc 
Source:  La Lettre du Crocodile