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L'héritage d'Eugène Canseliet

 
29 septembre 2014

Eugène Canseliet (1899-1982), surnommé "le maitre de Savignies" fut non seulement un alchimiste réputé, mais aussi peintre, calligraphe, homme de lettre et scripteur final des livres de Fulcanelli (Le Mystère des Cathédrales, 1926, et Les Demeures Philosophales, 1930). Deux ouvrages traduits dans le monde entier et encore aujourd’hui réédités, soit quatre-vingts dix ans après leurs publications.


L’astrologie du mythe de Faust (4/4)

L’astrologie du mythe de Faust (4/4)

 
22 septembre 2014

Quatrième et dernier volet de l’exploration du mythe de Faust dans une lecture jungienne et astrologique. Le soleil est-t-il dominant dans votre thème de naissance ? Avez-vous un aspect rouge "Soleil-Pluton" ? Enfin, Mercure est-il bien aspecté ?Si vous répondez oui à l’une de ces trois questions, alors Faust s’est aimablement penché sur votre berceau à votre naissance et vous rejoignez ainsi la grande et belle famille des Faustiens, et non des moindres : Goethe, Wagner, Nietzsche, Franz Liszt, Marie Curie, Thomas Man, Picasso, Sartre, ou encore Gérard de Nerval…


Top 3

Le fondement divin de la futuwwa selon Ibn al-‘Arabî

 
22 septembre 2014

Le fondement divin de la futuwwa selon Ibn al-‘Arabî

"Le chevalier ne se laisse jamais abuser par les ruses de l’âme !" nous indique Denis Gril. La futuwwa constitue un idéal d’homme libre, fidèle, vertueux, courageux et protégeant les faibles. Cette notion arabe est très ancienne, antérieure à l’islam, et le Coran l’a adoptée pour lui donner une nouvelle dimension. Ainsi, à la lueur des écrits de penseurs soufis tels qu’ Ibn’Arabi, ou encore Hallaj, Denis Gril va tenter de nous expliquer ce qu’est la Futuwwa sur un plan mystique et quelle est sa place au sein de l’islam.


Antonin Artaud ou la fidélité à l'infini

 
15 septembre 2014

Antonin Artaud ou la fidélité à l

Parler d’Antonin Artaud, c’est poser le pied sur la fournaise incandescente d’une supernova que seule la science alchimique avec son creuset bouillonnant nous permet d’approcher. Telle est la démarche entreprise par Françoise Bonardel avec son brûlant ouvrage "Antonin Artaud ou la fidélité à l'infini" (2014, Ed. Pierre Guillaume de Roux). Introduire la pensée alchimique dans la personnalité d’Antonin Artaud revient à puiser, dans son parcours personnel d’homme malade, la guérison. Une guérison placée sous la tutelle d’Hermès puisqu’elle allie tant le microcosme: l’individu Artaud, que le macrocosme puisque selon lui, et à travers lui, "c’est toute la culture occidentale qui a besoin d’être guérie".


L’église gnostique chaote

 
8 septembre 2014

L’église gnostique chaote

Eglise gnostique chaote : "Trois mots, trois fautes !" affirmerait sans conteste un représentant de l’église catholique romaine. C’est malheureusement pour lui beaucoup plus complexe que cela. Explications : dès ses origines, le christianisme fut paré d’une couleur mystérieuse avec des éclats subtils, quasi-ésotériques, telles que le Logos, la Sainte Trinité, les deux natures du Christ, le Saint-Esprit, les guérisons, le mystère de l’Ecclésia "lorsque vous serez deux à prier en mon nom, je serai parmi vous…" (Matthieu 18.19). 


Collection La Bibliothèque d’Alexandrie.
La Sapinière est une société secrète catholique intégriste anti-républicaine et anti-maçonnique dont le fondateur Mgr Benigni fut proche des mouvements fascistes de l’époque.

Anti-moderniste, Cette "Compagnie de Pie", "Sodalitium Pianum" en latin, qui s’opposa notamment à la "Compagnie de Jésus", fut fondée en 1909, sous le pontificat de Pie X et dissoute en 1921 mais elle connut des prolongements, au moins idéologiques, jusqu’à notre époque.

Emile Poulat, directeur d’études à l’EHESS et au CNRS, consacra une étude importante à La Sapinière, publiée en 1969 chez Casterman. Cette étude fait toujours référence et il semblait nécessaire de la rééditer. En effet, Emile Poulat analyse une documentation originale importante, mettant en évidence les activités réelles de ce réseau, démontrant l’absence de fondements de nombre d’écrits de l’époque consacrée à La Sapinière. Il clarifie une période trouble de l’Eglise et ce que recouvre le terme d’intégrisme :
"Qu’est-ce alors que l’intégrisme ? En son sens strict et premier, un parti politique espagnol fondé vers 1890 sous l’invocation du Syllabus, avec lequel, cependant, Benigni ne veut avoir aucun lien (…). Au début du siècle, du temps même de Léon XIII, le mot s’oppose en France à progressisme en matière d’exégèse biblique ; dans les dernières années de Pie X, il désignera tous ceux qui combattent l’ouverture politique et sociale du catholicisme par n’importe quel moyen, y compris la délation ; plus tard, les adversaires de toute ouverture, qui confondent "la dévotion au passé avec la fidélité à l’éternel". En Espagne, ce sont les intégristes eux-mêmes qui se sont choisis ce nom ; en France, il ne s’applique jamais qu’à des adversaires ; hors de ces deux pays, on l’ignore, bien qu’il commence à faire ça et là son apparition, et par exemple en Italie. Ceux qu’il vise se présentaient sous pie X comme des "catholiques intégraux" ou en Autiche-Hongrie, des "inconditionnels" (unbedingt).»
Depuis 1969, le mot a connu un développement considérable et est désormais utilisé pour désigner de multiples crispations, religieuses, politiques, culturelles, intellectuelles ou même personnelles.
Emile Poulat poursuit :
"La banalité du phénomène l’a longtemps dissimulé. En réalité, il correspond à cette longue période de l’Eglise en état de siège, qui s’étend entre l’Eglise en état de mission dont on parle tant aujourd’hui et l’Eglise en état de chrétienté dont commence seulement à disparaître la nostalgie. L’image de deux camps opposés, tirant chacun de son côté depuis plus d’un siècle, les uns pour "réconcilier l’Eglise et la société moderne", les autres pour "défendre l’héritage du passé", n’est pas seulement simpliste : plus encore, elle est fausse et gravement déformante. (…)
Il faut en revenir à Pie IX : "Ce qui afflige votre pays et l’empêche de mériter les bénédictions de Dieu, c’est ce mélange de principes. Je dirai le mot et je ne le tairai pas : ce que je crains, ce ne sont pas tous ces misérables de la Commune, vrais démons de l’enfer qui se promènent sur la terre. Non ce n’est pas cela ; ce que je crains, c’est cette malheureuse politique, ce libéralisme catholique qui est le véritable fléau", déclarait-il le 18 juin 1871 à une députation de catholiques français venus lui remettre une adresse qui portait plus de deux millions de signatures. Au catholicisme libéral s’oppose dès lors le catholicisme intégral, qui, par nature, ne peut être qu’un catholicisme social ; à la tentation du compromis, le devoir d’intransigeance ; au refus d’une société condamnée par ses propres erreurs, la vision d’une Eglise porteuse de la société à instaurer ; à l’athéisme social du laïcisme, l’ordre social chrétien du Christ-roi."
A travers l’affaire de La Sapinière, Emile Poulat pose une question complexe : "Comment catholicisme social et catholicisme intégral en vinrent-ils donc à s’opposer après n’avoir été qu’un ? Voilà bien le cœur de l’affaire. Chacune de ces deux lignées divergentes s’affirme seule fidèle à l’héritage et reproche à l’autre d’avoir changé de camp."
La Sapinière ne peut se réduire à une société conservatrice, anti-moderniste, anti-laïque et anti-maçonnique, elle est le symptôme d’une crise de l’Eglise de Rome qui a des prolongements de nos jours. Le travail d’Emile Poulat permet, encore aujourd’hui, de sortir du champ de la polémique pour entrer dans celui de l’histoire et de la sociologie des religions.

 

Les Editions L’œil du Sphinx,

36-42 rue de la Villette, 75019 Paris, France.
www.oeildusphinx.com

 

Source: La Lettre du Crocodile

 

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