L’auteur de La Clé d’Hiram, Le Second Messie, Le Livre d’Hiram poursuit sa revisitation de l’histoire maçonnique avec cette fois un livre consacré au fameux Collège Invisible et aux relations entre franc-maçonnerie et science à travers l’histoire de cette Royal Society.

C’est en 1660, peu après la Restauration de Charles II, qu’une douzaine d’hommes, parmi eux Robert Boyle et Christopher Wren, fondent une société nouvelle chargée d’étudier les mécanismes de la nature. Rejetant à la fois le carcan du dogme chrétien et les dérives superstitieuses occultistes, la Royal Society vit ainsi le jour et avec elle la science expérimentale moderne.
Dans une période particulièrement troublée, un homme joua un rôle considérable dans cette aventure, l’écossais Robert Moray qui fut un favori du Cardinal Richelieu. Robert Moray fut le bras des ambitions politiques de Richelieu. Robert Lomas fait de Robert Moray, à tort ou à raison le « premier franc-maçon spéculatif historique ». Ce serait en s’appuyant sur ses relations maçonniques mais aussi en s’inspirant de son organisation que Moray trouva les ressources pour structurer et faire vivre la Royal Society et rapprocher ceux qui alors s’affrontaient, autour de l’intérêt de la science :
« Cependant, il y avait un facteur secret qui agissait en faveur de Moray. Par son expérience de l’Ordre maçonnique, il savait que les Loges encourageaient l’étude de la science expérimentale, tout en interdisant simultanément les discussions religieuses et politiques. Quant il vint à Londres en qualité d’agent français, il entra en contact avec le groupe tournant autour de William Oughtred, qui était associé à de nombreux francs-maçons attestés. John Wallis, l’un des principaux membres du cercle d’Oughtred, écrivit que les premières réunions des hommes qui allaient fonder la Royal Society se déroulaient selon les conditions maçonniques (c’est-à-dire en interdisant les discussions religieuses et politiques). Il est possible que ces rencontres originelles aient été des tenues de Loges ordinaires profitant du temps qui leur restait après la fermeture des travaux pour étendre le champ de leurs discussions. Après leur tenue normale, de nombreuses Loges modernes proposent des conférences ou des démonstrations. S’il en fut ainsi, ces discussions offrirent à Sir Robert les occasions de nouer les contacts pour instaurer une société scientifique susceptible de répondre au désir du roi de créer une marine puissante et efficace. Mais une question demeure en suspens. Pourquoi un groupe de scientifiques parlementaristes privés de leurs droits civiques et dépossédés de leurs biens et titres auraient-ils voulu aider le nouveau roi ? Après tout, l’un des hommes les plus influents de ce groupe, John Wilkins, venait à peine de subir cruellement la mauvaise volonté de Charles. (…)
Wilkins ne pouvait approcher le roi, mais Moray lui le pouvait. Une semaine après la première réunion, il revint avec des paroles d’encouragement du roi. Le registre de la Société rapporte que le 5 décembre 1660, Moray expliqua qu’il avait parlé au roi de la nouvelle Société et qu’il l’avait approuvée. »
L’ouvrage, bien documenté sera sans doute contesté par des historiens rigoureux de la franc-maçonnerie, tout comme les livres précédents de l’auteur. Il doit être lu comme une enquête historique passionnante dont les données et surtout les liens entre les données méritent vérification.

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