Nous poursuivons ici notre investigation qui débuta lors du premier reportage sur l’intelligence végétale (avec Stéphane Douady du CNRS). Ce second volet nous place en présence d’un alchimiste réputé: Patrick Rivière et d’un distillateur passionné, Matthieu Frécon. Deux "opératifs" qui ont accepté d’évoquer leur approche du monde végétal, mais aussi leur travail concret, face à l’athanor ou à l’alambic….

alchimie végétaleapproche du monde végétal

Solve et coagula : dissous et coagule

Etrange coïncidence, nos deux hommes vont tout d’abord souligner l’importance du lien affectif qui doit nécessairement unir "l’investigateur alchimiste" avec la Nature. Un lien tout d’abord unilatéral d’observateur, mais qui par une sorte de magie naturelle se mue dans une réciprocité. L’empathie s’installe et donne lieu à des signes, à des synchronicités : sans critère objectif, l’alchimiste entre en résonnance avec une plante donnée. Ainsi, il s’adapte, comprend et vit au plus profond de lui aux rythmes de cette nature qui selon la triade bardique confère "un œil qui sache voir la nature, un cœur qui sache sentir la nature et une volonté qui sache suivre la nature".

alchimie asiatiqueEmmanuel Chevilliat alchimie

Chrétienté et alchimie : chute et réintégration?

L’alchimie asiatique, moyen-orientale ou occidentale sont-elles analogues en dépit de tradition culturelles et religieuses distinctes ? Cet Art qui se prétend lui-même être la "science des commencements", peut-il être influencé, coloré en fonction d’une époque et d’un lieu donné ?
Partez-donc à la suite de nos deux chercheurs dans cette quête d’absolu, cette Pierre Philosophale, qui à partir du UN (UN = un élément, et il y en a quatre : Terre, Eau, Feu, Air) migre vers le TERNAIRE (Soufre-Sel-Mercure) pour ensuite repartir du TERNAIRE et revenir au UN.
Pour l’écrire autrement et dans un phrasé moins hermétique (!) : dans cette nature, l’homme voit les choses séparées, éparses or il existerait un lien subtil entre toutes ces choses manifestées, "grossières". Ce lien subtil, appelé Lumière de la Nature, c’est ce que l’alchimiste recherche et c’est lui qui permettrait "aux choses invisibles de se révéler visibles" (Paracelse, 1493-1541).
Une démarche oh combien passionante.... mais une seule vie suffit-elle pour accomplir cette invitation au Grand-Oeuvre?
Eléments de réponses de Matthieu Frécon et Patrick Rivière, filmés ici par Emmanuel Chevilliat.