paul sanda poésiejean luc maxenceil se trouve que depuis plus de deux siècles de nombreuses poches de résistances lui font face : chez les poètes, les gnostiques ou  les alchimistes qui tendent, tous, et selon leur voie, à réhabiliter ce rôle d’intercesseur que l’Homme, avec un grand "H", celui du Héros ou de l’échelle de Jacob, se doit d’incarner. Si Michel Cazenave se réfère à la Rosa des Philosophes alchimistes "Imaginatio vera non fantastica" (l’imagination vraie et non l’imagination fantasmagorique), Jean-Luc Maxence, lui, nous rappelle que l’imagination c’est avant tout l’inspiration. Une inspiration reliée au souffle et donc au re-spire et l’ex-spire, un phénomène de circulation, que Paul Sanda  relie à une mise en condition, qui peut prendre la forme d’un rituel initiatique en tant que descente au fond de soi, germination et ouverture.
Chantal DelacottePoésie et monde imaginal
Chantal de Delacotte nous rappelle que, sans le savoir nécessairement, le poète,  dans cette  incessante circonvolution entre le monde sensible et le monde indicible, va chercher des images archétypiques. Et cet "élan vital" leur fait rejoindre la métaphysique expérimentale chère à Henry Corbin.
En effet, dans son ouvrage, Corps spirituel et Terre céleste, Henry Corbin soulignait l’importance du mystique ou du poète et cette « situation médiane qui d’emblée impose à la puissance imaginative une discipline impensable là où elle s’est dégradée en "fantaisie" [dans le monde moderne ndlr] ne secrétant que de l’imaginaire, de l’irréel, et capable de tous les dévergondages. …. Si l’apport le plus remarquable chez Henry Corbin est d’avoir "revivifié" pour l’Occident ce mundus imaginalis (monde imaginal) "qui n’est ni le monde empirique des sens ni le monde abstrait de l’intellect" ... quelle est donc la prégnance des poètes, des alchimistes ou des gnostiques dans le monde actuel ?

Eléments de réponses par nos quatre intervenants de cette table ronde filmée au Forum 104 (Paris).