Pour Monique Schneider, le mythe de Don Juan est surtout le mythe d'un homme en fuite, habité par une idée fixe, celle de détourner le féminin. 
Faire effraction dans un lieu où il n’est pas attendu, au milieu de la nuit, masqué et prêt à s'enfuir; ne pouvant pénétrer que sous une fausse identité, n'est-ce pas là son mode opératoire? L'image de l’aventurier conquérant, passant de victoire en victoire, cède alors la place à une autre image: celle du naufragé, désespéré, errant de bouée en bouée. schn_don_juan1schn_don_juan2
Don Juan recherche la femme mais au lieu d’aller à sa rencontre, il l'a traverse, sa sensualité rime avec superficialité. C’est une fuite perpétuelle car la femme est pour Don Juan un cercueil. Dans son besoin de possession, de transgression, se cache en fait une terreur fondamentale du féminin.

Pourquoi cette peur? D'où vient ce désir ontologique de transgresser? Quel est le rapport de Don Juan à la figure paternelle ? Pourquoi tant de femmes sont-elles séduites par lui? Est-ce le séducteur qui les charme, ou bien est-ce le naufragé? Les frasques de sa vie ne trahissent-elles pas une indivision mal gérée entre son pôle masculin et féminin?

Réponse de Monique Schneider, psychanalyste, dans cet exposé de 46 minutes. Cette  conférence fut enregistrée lors des journées « Rencontre Féminin-Masculin,  regards croisés : Marie-Louise von Franz - Pierre Solié » et organisée par l’association « Autour de Marie-Louise von Franz »