Art sacré

Quand l'homme conceptualise et fabrique des choses à l'image de son Dieu.

Les sept sceaux de l’Apocalypse, sept étapes vers une purification intérieure

L’Apocalypse de Jean constitue le dernier livre canonique. Cette position, ultime, puisque ce texte se trouve à la toute fin de la Bible, lui confère-t-elle une fonction plus large qu’un simple « épilogue » ? Cette conclusion serait-elle en fait une invitation voilée à changer notre regard sur la matérialité de ce monde, du moins sur le plan de sa manifestation ? Si la traduction grecque du mot « apocalypse » nous invite à chercher sa signification du côté du « dévoilement » ou encore de la « révélation », Claudine Léturgie-Blanquart nous emmène, ici, dans une lecture inhabituelle : une lecture symbolique. Une nouvelle façon de recevoir ce texte.

Albrecht Dürer, alchimiste, maitre du trait et philosophe

"Melencolia ; Le Chevalier, la mort et le Diable ; Saint Jérôme dans sa cellule" : voici quelques noms des gravures les plus célèbres d’Albrecht Dürer (Nuremberg, 1471-1528). Des œuvres qui ont traversé les âges et atteint une universalité que seule la Renaissance pouvait inspirer…. Dürer fait en effet partie de ces quelques "génies universels" dont Léonard de Vinci, de vingt ans son ainé, fut incontestablement la figure de proue. Des hommes, savants dans tous les domaines (sciences, art, architecture, ingénierie, philosophie) et animés du désir de transmettre les outils de la connaissance au plus grand nombre, en dehors de toutes structures temporelles.

Ludwig van Beethoven, un mystique méconnu

Beethoven (1770-1827) nous a quitté il y a bientôt deux siècles. Etonnamment, aujourd’hui encore, aux quatre coins du monde, ses symphonies font salle comble et l’Hymne à la joie ou la Lettre à Elise sont connues de tous. Comment expliquer une telle pérennité, et surtout une telle universalité ? Selon Yves Henry, grâce à Beethoven, pour la première fois, on peut parler de "sentiment dans la musique". Il nous dit : "le sentiment est quelque chose qui nous touche, et que l’on peut transmettre. Et en cela la musique de Beethoven est non seulement atemporelle mais aussi universelle". Explications.

Jean Delville, peintre martiniste, théosophe et franc-maçon

Daniel Guéguen nous a offert récemment un remarquable ouvrage consacré au peintre injustement ignoré, Jean Delville (1867 – 1953). En effet, si, parfois, Jean Delville est hissé au niveau d’un Félicien Rops ou d’un Fernand Khnopff "au panthéon de l’art belge fin-de-siècle" sa notoriété n’est pas ce qu’elle devrait être, trop souvent négligée par les médias comme par les spécialistes de l’art. Pourtant, son œuvre est considérable, magnifique, reconnue par les plus grands musées qui ont acquis certaines de ses œuvres. Malgré un prix de Rome belge de peinture, malgré son influence certaine et la reconnaissance de ses pairs, il demeure ignoré. Est-ce là le prix à payer pour les "Supérieurs Inconnus" ?

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Contemporain de Joséphin Péladan et des Salons Rose-Croix

Poète, esthète, philosophe, journaliste, polémiste, critique, scénariste, éditeur, promoteur d’art, militant engagé et, bien sûr, peintre, est-ce cette multidisciplinarité qui déroute et dérange ? Très actif et très présent dans les médias jusqu’en 1930, il semble disparaître dès 1931-1932.

Les deux seules biographies existantes de Jean Delville étaient, jusqu'à présent, très incomplètes. La première, rédigée par son fils Olivier Delville, publiée en 1984, minimise largement la vie initiatique de Jean Delville, une "vie" qui, pourtant, imprègne son œuvre et influence tout un pan de sa vie. La seconde, de Brendan Cole, fut publiée en 2015 et tombe dans des travers semblables.

Ici, face à la journaliste Caroline Chabot, Daniel Guéguen témoigne et établit un portrait-vérité de Jean Delville: initié, libre, et artiste. Il démontre combien les mots et les étiquettes sont impropres à qualifier une œuvre en général. Plus encore, il invite à redécouvrir la relation étroite qui existe entre art et ésotérisme.

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Art, ésotérisme et esthétisme

En suivant Jean Delville dans sa vie initiatique, Daniel Guéguen jette un éclairage inédit sur l’œuvre de l’artiste. Il en est ainsi de ses relations avec Péladan, Papus, et Stanislas de Guaïta, la guerre des Deux-Roses et les Salons de la Rose-Croix. Jean Delville, franc-maçon, est un grand martiniste. "Il est, nous dit Daniel Guéguen, profondément martiniste et le restera toute sa vie". 
Jean Delville fut donc martiniste, franc-maçon mais aussi théosophe, ce qui n’était pas rare à l’époque. Remarquons, avec Daniel Guéguen, que Jean Delville fut d’abord martiniste puis, théosophe et enfin franc-maçon. Il entre en Franc-maçonnerie pour promouvoir le martinisme et finalement pour "restaurer" la Franc-maçonnerie, une idée très "papusienne". Jean Delville, comme théosophe, fut par ailleurs confronté à l’affaire Krishnamurti. A savoir, le renoncement de Krishnamurti aux "fonctions" qu’une partie du mouvement théosophique voulut lui faire endosser, qui bouleversa Jean Delville.
Il vécut cet épisode comme un abandon, dont il ne se relèvera que par la rencontre en 1930 d’une jeune femme, Emilie Leclercq, avec qui il vécut une relation fusionnelle et créatrice qui le conduisit à s’éloigner de sa famille.
Ce magnifique entretien offre une part belle aux œuvres de Jean Delville, œuvres majeures ou moins importantes. Inscrites dans le mouvement très libre de l’initié, elles retrouvent une force propre, moins objet d’art que célébration ou révélation de l’intimité spirituelle.
Un entretien, un ouvrage, une vision de paix qui constituent incontestablement "le testament initiatique de Jean Delville", une œuvre remarquablement puissante par son message. "L’œuvre, nous-dit Daniel Guéguen, exprime, comme souvent chez Jean Delville, la vie harmonieuse, l’importance de l’Amour, le rejet des croyances dogmatiques, l’élévation progressive de l’homme vers la spiritualité."

texte de Rémi Boyer © http://lettreducrocodile.over-blog.net/

Hildegarde de Bingen et la tradition visionnaire de l’Occident

"La vision demeure une énigme !" nous annonce Victoria Cirlot en guise d’introduction. Dans son livre, qui vient de paraître en français chez l’Harmattan, (janvier 2017), elle nous invite à nous interroger sur la nature de ces visions. Que ce soit dans l’art, avec Max Ernst, ou dans la mystique, avec Hildegarde de Bingen: que décrivent ces visions ? D’où surgissent-elles ? Inspirent-elles le geste créateur de l’artiste ou, plus globalement, expriment-elles le "pourquoi de la création", à nos oreilles engourdies?

La place de l’image dans l’art islamique

Un dicton populaire nous dit que "l’on juge l’arbre à ses fruits". Justement, l’art religieux ne représenterait-il pas ce fruit, ce joyau de ce que l’homme peut produire de plus beau dès lors qu’il tourne son regard vers le très haut et y puise son inspiration ? A une époque où la foi, la religion, en Occident notamment, semble devenir de plus en plus désuètes, il nous a semblé pertinent de nous intéresser aux fondamentaux philologiques de l’art le moins connu : l’art islamique.

Rédemptions ordinaires, une invitation poétique de Gilles Farcet

Il y a trente-deux ans, Gilles Farcet commettait son premier recueil de poésie, "L’Aube de l’Autre". Depuis, d’autres ouvrages ont vu le jour, mais toujours en prose. Entre-temps, aussi, beaucoup de voyages et de rencontres…. Parmi elles : Arnaud Desjardins, qui devint son "maitre". Une rencontre fondamentale, qui modifia radicalement sa vie et tout son être. Aujourd’hui, avec le recul de ces années, Gilles Farcet a souhaité renouer avec le genre poétique et témoigner du feu intérieur qui l’anima et continue de le nourrir …

Richesse et mystères des musiques indiennes traditionnelles Dhrupad, Khyal et carnatique

L’Inde est un pays continent dont l’histoire, les arts et la cosmogonie sont d’une richesse inouïe. Tenter de nous faire découvrir les multiples facettes de sa musique traditionnelle en soixante minutes, tel est le projet du réalisateur Thomas Coispel. Une véritable gageure, qui reviendrait, si l’on tentait la comparaison, pour un chercheur indien de s’interroger, à la fois, sur la diversité et le continuum qui lierait en Europe le compositeur nordiste Edvard Grieg au flamenco sudiste des Gipsy Kings...!  Sa démarche : aller puiser dans les racines de la nation, son histoire et sa spiritualité.

Le message retrouvé de Louis Cattiaux

S’interroger sur la nature du lien qui unit "la création" avec "son Créateur" occupe depuis l’aube de l’humanité nombre de philosophes, théologiens ou mystagogues. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis, et, beaucoup de sang aussi. De nombreux "systèmes" ont ainsi vu le jour, aux cinq coins du monde, tous plus passionnants et complémentaires les uns des autres. Leurs variables en quelques mots? "Analogiques", "animistes", "théistes", "immanents" ou "transcendants"…

Une diversité que l’on pourrait schématiser d’un point de vue anthropomorphique comme un élan partant du bas vers le haut, de la terre vers le ciel (triangle pointe en haut) rencontrant, selon certaines conditions, une réponse dans "le très haut". Une résonance accompagnée par une descente de l’esprit, du haut vers le bas, (le triangle s’inverse alors, pointe en bas).

Le Grand Jeu et René Daumal

Dans son dernier ouvrage, "Autour de René Daumal et l’enseignement de Gurdjieff *", (Ed. du bois d’Orion, 2015), Basarab Nicolescu s’interroge sur l’influence de Gurdjieff sur l’œuvre de René Daumal. Si René Daumal n’avait pas rencontré Alexandre de Salzmann, aurait-il pris conscience de l’enjeu du Grand Jeu** ? Alain Santacreu va ici interroger Basarab Nicolescu et Christian Le Mellec, son éditeur, sur les rôles et influences que ces trois grandes figures de la spiritualité du XXème siècle eurent entres-elles. .…

Vie et oeuvre de Louis Cattiaux

"Je suis dans ce monde mais je ne suis pas de ce monde". Cet aphorisme* a certainement accompagné Louis Cattiaux au cours de sa brève existence terrestre (1904-1953). Tour à tour artiste peintre, poète, galeriste, métaphysicien, essayiste visionnaire, mystique, alchimiste, son œuvre est plurielle, protéiforme, comme si une entité suprahumaine avait, en quelque sorte, guidé son pinceau, inspiré ses écrits. Lui-même ne disait-il pas d’ailleurs qu’un autre que lui, "Elouiah", lui aurait dicté son ouvrage le plus célèbre : Le Message retrouvé (1946) ?

Le blason, miroir de l’histoire

Si l’on observe notre quotidien, fort est de constater qu’il regorge de logos, de marques et de signes distinctifs en tous genres. Où que vous soyez, regardez autour de vous, vous en trouverez au bas mot une quinzaine. Si ces logos nous accompagnent, plus ou moins perceptiblement, leurs origines en revanche nous est bien souvent totalement inconnues…. La sémiologie (l’étude des signes), la sigillographie (l’étude des sceaux) ou l’héraldisme (l’étude des blasons) nous permettent de décrypter l’origine très ancienne de ce langage symbolique.

Théâtre, mystique et théosophie

"En France, il ne fait pas bon de trop s’intéresser à la mystique…". Tels sont probablement les conseils que suivirent Albert Camus et André Malraux, conseils qui les incitèrent à cacher aux yeux de tous le fort intérêt qu’ils nourrissaient pour cet état d’être un peu particulier…. La mystique a de tout temps dérangé, et preuve est de constater que cela perdure encore de nos jours. Ses contours ont certes toujours été flous et il faut admettre que ses commentateurs tombent bien souvent, selon nous, dans deux ornières qui s’avèrent particulièrement "contre-productives".

La cérémonie du Thé, une voie spirituelle

Vous êtes amateur de développement personnel tendance bling bling ? Les mots "authenticité" ou "ascétisme" vous font peur ? Ce film est fait pour vous! Franck Armand est maître de Thé. S’il a été formé au Japon, c’est dans la Drôme qu’il nous a donné rendez-vous et ouvert les portes de sa "maison de thé". Un lieu quasi sacré, où en présence de quelques disciples, Franck pratique la cérémonie du Thé. Pour les besoins de notre film, il a accepté d’évoquer les spécificités et la richesse de ce rituel, peu connu en Occident.

Les femmes indiennes à travers l’objectif de Ferrante Ferranti

Dans un subtil jeu d’ombre et de lumière, de corps et de pierres, le photographe Ferrante Ferranti nous expose ici ses dernières photographies sur les femmes indiennes. Malgré l’immuabilité de leur système social, le poids de leur histoire, ces femmes indiennes semblent portées par leur féminité, à l’image de leurs saris, multicolores : gonflés au vent et prêts à les emmener très loin …