Face à une perception linéaire, causale, rationnelle du temps et de l’espace qui prévaut en Occident où le vide est synonyme de « néant » ; les chinois, eux,  ont acquis une vision en cercle, acausale du temps et de l’espace. Le vide est pour eux synonyme de « potentialité » et ce qui les intéresse particulièrement c’est d’identifier « les évènements qui aiment à arriver ensemble ». Ces deux visions du monde sont-elles conciliables ? Quel crédit conférer à ce qui relève du hasard ? Telles sont les questions que Michel Cazenave va poser à ses trois intervenants : Nathalie Pilard, Marie-Laure Colonna et Pierre Faure.
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Pour Pierre Faure (praticien) « le présent contient naturellement les germes du futur, interroger le Yi King permet de mettre en relief ses lignes de forces : on peut ainsi déterminer leur teneur et observer leur direction ». 
Pour Marie-Laure Colonna (analyste jungienne) « pour un analysé, tirer le Yi King, implique que le désir du Moi conscient vienne frapper à la porte du Soi. Par le Yi King, on peut sonder les germes archétypiques d’une situation et ainsi s’approcher de ce que les psychanalystes appellent la réalité psychique objective (…) mais les mots ne sont que des codes, cette même compréhension s’exprime en termes analogues selon la tradition de chacun. Le Yi King constitue un formidable complément à toutes voies de recherches »
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Pour Nathalie Pilard (chercheuse en théorie des religions) « le Yi King se présenta à Carl Gustav Jung alors que ce dernier venait de rompre, douloureusement, avec son père spirituel, Sigmund Freud. Telle une synchronicité (un hasard qui a un sens) le Yi King devint son outil, son allié. Les recherches de Jung sur le hasard, les synchronicités et l’intuition démontrent l’échec de la causalité à saisir l'entièreté, à comprendre la globalité des manifestations du vivant. Cela ne veut pas dire qu’il faille abandonner la causalité, mais les recherches de Jung forment une proposition cohérente, … une théorie en devenir. »
Comprendre la réalité du monde dans sa diversité, ses changements passe-t-il nécessairement par une herse de dogme ou de théories indubitables derrière laquelle il est commode de se réfugier ? Notre cerveau gauche (rationnel) nous incite t-il à la capitulation ? Serait-ce là une lente dérive de nos civilisations abrahamiques où à trop nommer son « Dieu » unique, on en oublie ses réels  enseignements? 
A vous de vous familiariser avec cette philosophie chinoise, et cet oracle, dans cette table ronde de 56 minutes filmée au Forum 104.