La seconde erreur, selon nous, est directement issue de la première mais elle est beaucoup plus problématique. Elle consiste à ne percevoir du mythe que son aspect mortifère, à savoir son "complexe". Une perception négative fort inappropriée puisque comme nous le rappelle ici Luc Bigé : "les mythes sont avant tout de grandes images qui parlent à notre inconscient…". Œdipe et Narcisse, en premier lieu, font les frais de cette dérive injuste et surtout débilisante.

bige luc narcisse 1 1bige luc narcisse 1 2

Narcisse n’est pas un mythe sur la contemplation de soi, c’est une invitation à la connaissance de soi ! Une nuance de taille.

Narcisse est le fruit d’un viol, celui de la nymphe Liriope par le lac Céphise. Son refus de l’amour (masculin ou féminin) et sa profonde indifférence au monde qui l’entoure trouve son origine, probablement, dans cette blessure transgénérationnelle.

A travers la prophétie du devin aveugle Tirésias "il vivra longtemps s’il ne se connait pas" ou encore le rôle fondamental qu’occupe "le reflet de soi" : l’écho de sa voix dans la forêt, le reflet de son visage dans l’eau magique de ce lac, puis ensuite dans celle moins glamour du Styx : souhaitez-vous découvrir le sens réel de ce parcours du "connais-toi toi-même" de Narcisse ? Et en quoi, de nos jours, et son flot de "selfies", son enseignement demeure totalement – voire même plus que jamais – prégnant ?
Cette "sublimative fleur", en laquelle Narcisse se transforme, couronnant ainsi la fin de son parcours, que représente-t-elle ?