Il est des mots polysémiques qui engendrent de nombreuses confusions. Roger Dachez, historien de la Franc-Maçonnerie, tente de définir dans cet exposé ce qu’est « le Martinisme », ce que l’on entend par « Martiniste » et les rapports ambigus que Martinisme et Fanc-Maçonnerie ont toujours entretenus.
- Quelle (dis?)continuité constate-t-on entre les idées saint-martiniennes (Louis-Claude de Saint-Martin), martinésistes (son maître : Martinès de Pasqually) et celles de leur « diffuseur » : Gérard Encausse, Papus, créateur de l’Ordre Martiniste un siècle plus tard?

- Que veut dire « être martiniste » ? Est-ce avoir lû les œuvres du Philosophe Inconnu ? Pratiquer la théurgie de Martines de Pasqually ? Ou tout simplement être un Franc-Maçon travaillant au Rite Ecossais Rectifié?
« Il est de bon ton, de nos jours, de porter sur le mouvement occultiste du XIXème siècle un regard hautain et vaguement méprisant » nous précise l’auteur, mais il est très important, si l’on veut bien comprendre cette époque là, de replacer ce mouvement dans son contexte historique. Les occultistes étaient alors les seuls intellectuels à rechercher une « troisième voie », pris en tenaille entre d’un côté une société positiviste, ou la science triomphante expulse toute forme de débat religieux et d’un autre côté une église catholique, vieillissante et sclérosée, qui après six révolutions, « n’en revient toujours pas d’exister encore».
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La théosophie chrétienne, dont les trois piliers sont Jakob Böhme (17ème siècle), Louis-Claude de Saint-Martin(18ème sicèle) et Jean-Baptiste Willermoz (19ème siècle), n’a jamais été aussi florissante de toute son histoire. L’histoire des organisations qui se sont rattachées à ses idées est complexe, et grâce à des chercheurs comme Roger Dachez, elle n’a jamais été aussi bien connue: cet exposé de 65 minutes s’adresse à tous les « Hommes de Désir » qui souhaitent faire la part des choses entre légende et réalité.