Le mot "Dieu" est ainsi remplacé par le "Grand Architecte de l’Univers (ce terme appartiendrait à Calvin)".

D’une franc-maçonnerie catholique, on bascule alors vers une franc-maçonnerie protestante.

D’un théisme affirmé et attaché à ses devoirs (old charges, Cooks, Regius) la Franc-maçonnerie prend le profil d’une société adogmatique, libérale, déiste et où le maçon devient "libre dans une loge libre".

Si cette vision de la franc-maçonnerie caractérise depuis trois siècles la grande majorité de ses membres et courant actuels, il a toujours subsisté en son sein un contre-courant qui lui est quasiment opposé. Ce dernier se qualifie de traditionnel et assume les dogmes de la chrétienté. A des degrés divers, on peut citer les noms de Jean-Baptiste Willermoz, initiateur du Régime Ecossais Rectifié, ou de Cagliostro, initiateur du Rituel de Haute Maçonnerie Egyptienne et où le mot "Egypte" est à interpréter comme un "retour aux sources du christianisme primitif et universel".

La révolution andersonienneLa révolution andersonienne

Jean-Pierre Bonnerot se définit comme l’un de ces "contre-révolutionnaire andersonien".

Nous avons donc souhaité qu’il nous présente ce qu’il qualifie lui-même de "franc-maçonnerie de tradition", dont les origines remonteraient au XIVème siècle et que trop peu d’historiens investiguent actuellement…

Partagez-vous la conviction qu’André Kervella évoquait dans une communication précédente "on a joué au Football bien avant la création de la Fédération Française de Football", et donc que les origines de la Franc-maçonnerie seraient bien plus lointaines que les années 1717, date de la création de la Grande Loge de Londres ?

Si l’on parle de filiation, donc de paternité, et de régularité: où le débat se place-t-il précisément?  Est-ce sur un axe horizontal, temporel, proche du pouvoir (clef d’Argent ?) ou bien est-ce sur un axe vertical, transcendant, de toute éternité, et où le mot Tradition retrouve ses lettres de noblesse (clef d’Or?).

Eléments de réponses de Jean-Pierre Bonnerot dans cette communication d'une durée de 36 minutes.